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Canadian Public Health Association

Les gouvernements doivent maintenir un continuum complet de soins face à la crise des drogues toxiques

Lieu

Ottawa (Ontario)


L’Association canadienne de santé publique (ACSP) est profondément préoccupée par les récents reportages sur les services de consommation supervisée à Saskatoon et par les signaux plus larges que cela envoie quant à l’orientation des politiques en matière de consommation de substances au Canada. Bien que les investissements dans le traitement et le rétablissement soient essentiels, ils ne doivent pas se faire au détriment d’autres interventions fondées sur des données probantes qui sauvent des vies.

« Une réponse efficace à la crise des drogues toxiques nécessite un continuum complet de soins », a déclaré Ian Culbert, directeur général de l’ACSP. « Les services de rétablissement constituent une composante essentielle de ce continuum, mais ils ne sont pas la seule. Pour les personnes qui ne sont pas prêtes ou en mesure d’entreprendre un traitement, les services de consommation supervisée sont des soutiens essentiels qui sauvent des vies et doivent demeurer accessibles. »

Les services de consommation supervisée (SCS) comptent parmi les interventions de santé publique les plus rigoureusement étudiées. Un corpus important de données probantes issues d’études évaluées par les pairs démontre qu’ils réduisent les décès par surdose, préviennent la transmission de maladies infectieuses et facilitent l’accès à des services de santé et sociaux, y compris des parcours vers le traitement et le rétablissement. Ils contribuent également à améliorer la sécurité des communautés en réduisant la consommation de drogues en public et la présence de matériel d’injection abandonné.

Des décisions et discussions récentes dans plusieurs provinces — notamment en Ontario et en Alberta — suscitent des préoccupations quant à un virage qui s’éloigne de cette approche globale fondée sur les données probantes. L’ACSP s’est déjà prononcée contre le retrait du financement et la fermeture de SCS dans ces juridictions, soulignant que l’élimination de ces services affaiblit des infrastructures essentielles de santé publique et accroît la pression sur les services d’urgence et les soins aigus.

« Présenter les politiques comme étant axées uniquement sur le “rétablissement” risque de créer une fausse dichotomie », a ajouté M. Culbert. « Les parcours liés à la consommation de substances et au rétablissement ne sont pas linéaires. Plusieurs personnes ont besoin d’un engagement soutenu, de relations de confiance et d’un accompagnement avant d’être prêtes à entreprendre un traitement. Les services de consommation supervisée constituent souvent ce premier point de contact. »

L’ACSP exhorte tous les ordres de gouvernement à :

  • maintenir et élargir l’accès aux services de consommation supervisée dans le cadre d’une réponse globale à la crise des drogues toxiques;
  • investir dans l’ensemble du continuum de services, incluant la prévention, la réduction des méfaits, le traitement et le rétablissement;
  • consulter de manière significative les personnes qui consomment des substances, les prestataires de services et les communautés afin d’éclairer les décisions politiques; et
  • fonder toutes les actions sur les meilleures données probantes disponibles, en mettant l’accent sur la réduction des décès évitables et l’amélioration des résultats en santé de la population.

Le Canada continue de faire face à des niveaux sans précédent de méfaits liés à la toxicité des drogues. Pour y répondre, il faut un leadership pragmatique, empreint de compassion et fondé sur des données probantes, qui reconnaît la diversité des besoins des personnes qui consomment des substances.

« Des vies en dépendent », a conclu M. Culbert. « Nous ne pouvons pas nous permettre de restreindre notre approche alors que les données probantes démontrent clairement qu’une stratégie globale est nécessaire. »


Pour plus de renseignements, veuillez communiquer avec :
Dolores Gutierrez, Agente de la communication et du marketing
Association canadienne de santé publique
Téléphone : 613.725.3769 poste 190
communications@cpha.ca

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