La fermeture des services de consommation supervisée en Alberta coûtera des vies, avertit une association nationale de santé publique
L’Association canadienne de santé publique (ACSP) demande au gouvernement de l’Alberta de suspendre immédiatement sa décision de fermer les services de consommation supervisée à Calgary et à Lethbridge, avertissant que cette mesure entraînera des décès évitables.
Alors que l’Alberta continue de faire face aux méfaits importants associés à un approvisionnement en drogues toxique et imprévisible, la réduction de l’accès aux services de consommation supervisée prive la population de l’un des outils les plus efficaces et fondés sur des données probantes pour prévenir les surdoses mortelles et orienter les personnes vers des soins.
« Fermer des services de consommation supervisée en pleine crise des intoxications liées aux drogues n’est pas une décision neutre : c’est un choix qui coûtera des vies », a déclaré Ian Culbert, directeur général de l’Association canadienne de santé publique. « Ces services sauvent des vies. Sans eux, davantage d’Albertains et d’Albertaines mourront d’intoxications évitables. »
L’ampleur des impacts est claire. En 2024, les services de consommation supervisée et de prévention des surdoses en Alberta ont enregistré plus de 160 000 visites, desservant environ 1 700 personnes chaque mois. À l’échelle de la province, ces sites ont permis de répondre à plus de 40 000 événements indésirables — la grande majorité nécessitant des interventions vitales comme l’administration de naloxone ou d’oxygène, et certains nécessitant l’intervention des services médicaux d’urgence. Chacune de ces interventions représente une vie qui n’est pas devenue une fatalité.
Par ailleurs, l’Alberta continue de subir un lourd fardeau lié aux intoxications aux opioïdes, avec des centaines de décès signalés en 2025 seulement. Dans ce contexte, la fermeture des services de consommation supervisée augmentera la pression sur les services d’urgence, les premiers intervenants et les collectivités déjà sous tension.
Les services de consommation supervisée constituent un élément essentiel d’une réponse globale fondée sur des données probantes, qui comprend la prévention, la réduction des méfaits, le traitement, le rétablissement et le logement. Retirer un de ces éléments sans garantir des solutions de rechange accessibles et équivalentes affaiblit l’ensemble du système.
« Les politiques de santé publique doivent être guidées par les données probantes et axées sur les résultats », a ajouté M. Culbert. « Si l’objectif est de réduire les décès, les appels d’urgence et de renforcer les parcours de soins, la fermeture des services de consommation supervisée va à l’encontre de ces objectifs. »
L’ACSP exhorte le gouvernement de l’Alberta à revenir sur cette décision et à collaborer avec les personnes ayant une expérience vécue et vivante, les intervenants de première ligne, les partenaires autochtones, les municipalités et les experts en santé publique afin de renforcer — et non affaiblir — la réponse à la crise des drogues toxiques.