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Canadian Public Health Association

La décision de l’Ontario de retirer le financement des services de consommation supervisée met des vies en danger et compromet une réponse globale à la crise des drogues toxiques

Lieu

Ottawa (Ontario)


L’Association canadienne de santé publique (ACSP) exprime de vives préoccupations à la suite de la décision du gouvernement de l’Ontario de mettre fin au financement de sept sites de services de consommation supervisée (SCS) dans la province. Bien que l’ACSP salue les investissements continus dans les centres de traitement et de rétablissement en matière d’itinérance et de dépendances (centres HART), la réduction de la capacité des SCS affaiblit le continuum d’interventions fondées sur des données probantes nécessaires pour répondre à la crise des drogues toxiques.

Les services de consommation supervisée constituent une intervention de santé publique reconnue qui permet de prévenir les décès par surdose, de réduire la transmission des maladies infectieuses et de mettre les personnes qui consomment des drogues en lien avec des services de santé et des services sociaux, y compris des services de traitement et de rétablissement. Les données probantes provenant du Canada et d’ailleurs dans le monde démontrent que ces services sauvent des vies et contribuent à la sécurité des communautés.

« La crise des drogues toxiques continue de faire des victimes à un rythme alarmant », a déclaré Ian Culbert, directeur général de l’ACSP. « À un moment où nous devrions élargir l’accès à l’ensemble des interventions fondées sur des données probantes, la décision de l’Ontario de fermer des services de consommation supervisée crée des risques inutiles pour les personnes qui consomment des drogues et pour les communautés dans lesquelles elles vivent. »

L’ACSP reconnaît que les investissements de la province dans les centres HART constituent une avancée positive pour améliorer l’accès aux traitements, aux soins primaires et aux services sociaux. Ces services représentent une composante essentielle d’une réponse globale. Toutefois, les services de traitement et de rétablissement ne suffisent pas à eux seuls. Une approche de santé publique exige un continuum complet d’interventions — incluant la réduction des méfaits, le traitement et la prévention — adapté aux besoins des personnes là où elles en sont.

L’élimination des services de consommation supervisée entraînera vraisemblablement une augmentation de la consommation de drogues en public, une hausse des décès par surdose et une pression accrue sur les services d’urgence. Elle risque également d’accentuer la marginalisation des personnes faisant face à des désavantages structurels, en réduisant leur accès aux soins et en augmentant les risques auxquels elles sont exposées.

« Présenter cette décision comme une question de sécurité publique ne tient pas compte des données probantes », a ajouté M. Culbert. « Les services de consommation supervisée contribuent à des communautés plus sûres en réduisant la consommation de drogues en public et la présence de matériel abandonné, tout en mettant les personnes en lien avec des soins. Les éliminer ne fait pas disparaître la consommation de substances — cela la rend simplement plus dangereuse. »

L’ACSP exhorte le gouvernement de l’Ontario à reconsidérer sa décision et à collaborer avec des experts en santé publique, des personnes ayant une expérience vécue et actuelle, ainsi que des partenaires communautaires, afin de veiller à ce que les politiques reposent sur les meilleures données probantes disponibles. La réponse à la crise des drogues toxiques doit être coordonnée, empreinte de compassion et fondée sur des données probantes, et couvrir l’ensemble du continuum de soins.

Une réponse soutenue et efficace doit comprendre :

  • le maintien et l’expansion du financement des services de consommation supervisée;
  • des investissements dans des services de traitement et de rétablissement accessibles et fondés sur des données probantes, y compris les centres HART;
  • l’accès à un approvisionnement plus sécuritaire afin de réduire la dépendance à un marché de drogues toxiques et non réglementé;
  • des mesures de soutien sociales plus larges, notamment en matière de logement et de sécurité du revenu.

« Des vies en dépendent », a conclu M. Culbert. « Nous disposons des données probantes. Il faut maintenant la volonté politique d’agir. »

Ressource complémentaire :
Association canadienne de santé publique. (2025). Démarches de santé publique à l’égard de la crise des drogues toxiques : énoncé de position. https://www.cpha.ca/fr/crise-drogues-toxiques


Pour plus de renseignements, veuillez communiquer avec :
Dolores Gutierrez, Agente de la communication et du marketing
Association canadienne de santé publique
Téléphone : 613.725.3769 poste 190
communications@cpha.ca

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