Le Canada doit tenir fermement la ligne de la science alors que les États-Unis démantèlent leur calendrier de vaccination infantile
L’Association canadienne de santé publique (ACSP) est profondément préoccupée par les récents changements apportés au calendrier de vaccination infantile aux États-Unis. Depuis des décennies, les vaccins de routine administrés aux enfants figurent parmi les interventions de santé publique les plus rigoureusement étudiées et surveillées, avec des données probantes accablantes démontrant leur sécurité, leur efficacité et leur rôle essentiel dans la prévention de maladies graves et de décès.
Les décisions qui affaiblissent ou minent des programmes de vaccination fondés sur des données probantes comportent des risques qui dépassent largement les frontières nationales. Au Canada, des professionnel·le·s de la santé avertissent déjà que des changements très médiatisés aux recommandations américaines pourraient alimenter l’hésitation vaccinale, éroder la confiance du public et compliquer les efforts visant à protéger les enfants et les communautés contre des maladies évitables par la vaccination. Dans un contexte marqué par une polarisation croissante et la propagation rapide de la désinformation, les signaux laissant croire que la science est mise de côté — en particulier dans un pays voisin — peuvent avoir un effet disproportionné et durable sur la confiance du public.
L’ACSP souligne également que la lutte contre la mésinformation et la désinformation liées aux vaccins exige des ressources dédiées et durables. Il ne s’agit pas d’un simple enjeu de communications. Cela nécessite des investissements intentionnels dans des porte-parole crédibles en santé publique, des approches d’engagement communautaire, la surveillance des récits émergents de mésinformation et de désinformation, ainsi que des communications publiques rapides et fondées sur les données probantes. Sans ces ressources, le Canada risque de compromettre des décennies de progrès en matière de confiance et de couverture vaccinales.
Les programmes de vaccination au Canada doivent continuer d’être guidés par une science indépendante, des processus décisionnels transparents et une expertise solide en santé publique. Cela exige des investissements soutenus — et renforcés — dans les institutions qui protègent la santé des populations, notamment l’Agence de la santé publique du Canada, Santé Canada et les Instituts de recherche en santé du Canada. Toute réduction de capacité, tout resserrement du financement de la recherche ou tout affaiblissement du leadership fédéral en santé publique irait à l’encontre des leçons tirées de la pandémie de COVID-19 et minerait la capacité du Canada à faire face aux menaces sanitaires actuelles et futures.
L’ACSP appelle le Gouvernement du Canada à tenir fermement la ligne de la science en réaffirmant sans équivoque son engagement envers des politiques de santé publique fondées sur des données probantes, en protégeant et en renforçant les institutions fédérales de santé publique et de recherche, et en investissant dans les systèmes qui soutiennent la confiance à l’égard des vaccins, la surveillance et l’accès équitable à la vaccination.
Des institutions de santé publique indépendantes et adéquatement financées — appuyées par des investissements ciblés pour contrer la mésinformation et la désinformation — ne sont pas facultatives. Elles sont essentielles pour protéger la santé des enfants, maintenir la confiance du public et garantir que la science, et non l’idéologie, continue de guider les décisions qui touchent les personnes au Canada aujourd’hui et pour les générations à venir.