Main navigation French

Canadian Public Health Association

Une lutte pour une bonne cause! Des ITS au VIH/sida

Les luttes historiques contre les infections transmissibles sexuellement (ITS) peuvent nous en apprendre beaucoup sur la société et la santé publique aujourd'hui.

enseigne avertissant les dangers des maladies vénériennes
Le soldat Louis Dufour du « Essex Scottish Regiment » près d'une
enseigne avertissant les dangers des maladies vénériennes.
Pays-Bas (1945)

Personne ne sait depuis combien de temps les infections transmissibles sexuellement existent. On a enregistré des épidémies de syphilis en Europe dans les années 1500. Au Canada, les ITS s'appelaient auparavant des maladies vénériennes, et elles sont devenues une préoccupation majeure d'ordre public au cours de la Première Guerre mondiale (de 1914 à 1918).

Avant cela, les maladies vénériennes étaient rarement évoquées, même au sein de la communauté médicale. Mais lorsque l'on a détecté un grand nombre de cas d'infection parmi les soldats alliés -- notamment canadiens -- on brisa le silence. On estimait à 28 % le nombre de personnes infectées par la syphilis ou la gonorrhée au sein des troupes canadiennes, et les responsables en santé publique s'inquiétaient des répercussions lorsque les soldats rentreraient chez eux.

Le gouvernement et les maladies vénériennes

Lorsque le ministère fédéral de la Santé est créé en 1919, il comporte une division de lutte antivénérienne. Le Manitoba et la première province à adopter une législation visant à prévenir les maladies vénériennes en 1910; en 1920, toutes les provinces à l'exception de l'île-du-Prince-Édouard lui ont emboîté le pas. Ces lois, qui appelaient à un traitement obligatoire des maladies vénériennes dans des cliniques publiques gratuites, n'étaient pas toujours appliquées.

Les deux types les plus courants de maladies vénériennes à l'époque, la syphilis et la gonorrhée, étaient difficiles à diagnostiquer, et le traitement pour les guérir était long et douloureux. La plupart des patients arrêtaient le traitement avant d'être guéris. Les cliniques étaient bondées, et le personnel manquait souvent de compétence.

Hygiène sociale

Finalement, l'éducation du public s'est imposée comme la meilleure approche. La prévention des maladies vénériennes est devenue partie intégrante d'un mouvement d'hygiène sociale qui prêchait le mariage précoce, l'hétérosexualité, la monogamie, la décence et le conformisme. La prostitution et l'immoralité étaient considérées comme des menaces nationales, et les rapports sexuels normaux et convenables avaient lieu seulement entre des personnes mariées dans le but de se reproduire.  

D'après la Ligue canadienne de santé, les maladies vénériennes ne pouvaient pas se contracter de façon innocente : « si nous nous abstenons de rapports sexuels libres et faciles, nous ne devons pas avoir peur de contracter la maladie. »

Seconde Guerre mondiale

Affiche de la campagne de sensibilisation sur les maladies vénériennes
Voir une image plus grande

Tenez-vous à l'écart : campagne de sensibilisation sur les maladies vénériennes

À la fin des années 1920, il était temps de savoir si on avait accompli des progrès dans la prévention des maladies vénériennes, et la crise de 1929 est devenue la priorité. Le gouvernement fédéral a dissous sa division de lutte antivénérienne et a annulé les subventions en matière de santé pour la lutte contre les maladies vénériennes qu'il allouait aux provinces en 1932. Toutefois, la déclaration de la Seconde Guerre mondiale en 1939 a ravivé un intérêt à l'échelle nationale pour la lutte contre les maladies vénériennes.

La division fédérale de lutte antivénérienne a été mise sur pied en 1943. L'armée a dispensé une éducation sanitaire et fourni un traitement; elle a aussi donné des préservatifs et des trousses prophylactiques aux soldats avant les permissions. Ces initiatives et le recours à la pénicilline dès 1943 pour le personnel posté outre-mer ont diminué de 50 p. cent l'incidence des maladies vénériennes parmi le personnel militaire canadien par rapport au taux d'incidence de la Première Guerre mondiale.

Après la Seconde Guerre mondiale, l'éducation du public sur les maladies vénériennes a considérablement chuté à cause de l'efficacité des antibiotiques et l'évolution des valeurs sociales ont conduit à une indifférence généralisée à l'égard des maladies vénériennes.

Les nouvelles ITS

Ruban du sida
Ruban du sida

Dans les années 1980, deux nouvelles infections transmissibles sexuellement que la médecine ne pouvait pas guérir ont fait leur apparition - l'herpès génital et le VIH (virus de l'immunodéficience humaine qui provoque le sida, ou syndrome d'immunodéficience acquise). Le VIH attaque le système immunitaire. Une fois infecté du virus, une personne peut ne pas se sentir ou parraître malade pour plusieurs années. Cette personne peut de-même transmettre le virus à d'autres. Sans traitement, le VIH peut affaiblir le système immunitaire et causer des infections qui menace la vie.

La pandémie mondiale de sida a conduit à la mise en place de campagnes d'information du public et à la mise au point de traitements qui permettent de faire face à la maladie.

L'année 1997 marque le début d'une montée des taux d'ITS au Canada. L'infection à chlamydia, la gonorrhée et la syphilis sont une préoccupation croissante en santé publique au Canada. On peut prévenir et traiter aux antibiotiques ces trois maladies, et on peut également les guérir à un stade précoce. En revanche, les personnes peuvent les transmettre sans avoir qu'elles en sont porteuses.

À mesure que la recherche et les initiatives de surveillance se poursuivent, l'histoire des ITS nous rappelle que ces maladies sont toujours stigmatisées et que lorsqu'une épidémie se déclare, on a tendance à chercher un bouc émissaire.

Le passé nous rappelle également deux principes fondamentaux en santé publique : la prévention des maladies et une éducation efficace du public sans jugement.

Pour obtenir de plus amples renseignements

Infections transmises sexuellement (ITS), Agence de la santé publique du Canada

Gordon Bates : Meneur de la lutte contre les maladies vénériennes au Canada

Mention de source des photos

  • Le soldat Louis Dufour : Lieut. Michael M. Dean / Canada. Ministère de la Défense nationale / Bibliothèque et Archives Canada / PA-137657
  • Tenez-vous à l'écart : © Bibliothèque et Archives Canada, Bibliothèque et Archives Canada, Acc. No. 1985-111-5