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Canadian Public Health Association

Travailler sous terre

Les mineurs ont fréquemment été victimes de tragédies souterraines. À Springhill en Nouvelle-Écosse, par exemple, une explosion dans une mine de charbon en 1891 entraîne la mort de 125 mineurs (on pensait que le poussier de charbon dans les puits en était la cause, mais le point d'inflammation n'a jamais été trouvé); en 1956, une explosion tue 39 mineurs et 88 se retrouvent piégés, puis sont secourus (l'explosion a été déclenchée après le déraillement d'un wagon du train minier qui percuta une ligne électrique et enflamma le poussier de charbon en suspension dans l'air); en 1958, une mine s'effondre emprisonnant sous terre les 174 mineurs de la mine, 100 seront secourus et 74 périront.

Scène d
Scène d'horreur à la mine de Drummond, juin 1873
Crédit : NSARM Prints Old & Rare Collection : 1997-233 n° 8

Les mineurs ne meurent pas uniquement sous terre. À la surface, les mineurs de charbon succombent à la silicose, à la pneumoconiose des houilleurs et à d'autres maladies connexes provoquées par l'inhalation du poussier de charbon. Les ouvriers des mines d'or sont victimes de silicose et parfois d'empoisonnement à l'arsenic. Dans les années 1970, la silicose, l'amiantose et différents types de cancer font leur apparition chez les travailleurs de tout horizon : les ouvriers des mines d'amiante à Terre-Neuve et au Québec, les travailleurs des fonderies en Colombie-Britannique, les ouvriers des mines d'uranium à Elliot Lake en Ontario. En 1974, les ouvriers des mines d'uranium à Elliot Lake se mettent en grève en raison du nombre de cas importants de cancer du poumon et de silicose.

L'acquisition de connaissances sur des maladies qui se développent lentement comme la silicose a radicalement changé la conception de la sécurité en milieu de travail canadien, la préoccupation pour la « santé » fait alors place à la préoccupation pour la « santé et la sécurité ». Au cours des années 1950 et 1960, le syndicat représentant la majorité des mineurs en Ontario entame activement des négociations pour obtenir de meilleures conditions de santé et de sécurité et pour avoir à sa disposition davantage d'information sur la santé de ses membres. En 1969, à la suite d'une grève et d'un processus de négociation collective, le syndicat des mineurs et l'INCO, la société extractive la plus importante de la province, s'entendent pour mettre sur pied des comités mixtes sur la santé et la sécurité. Ces comités donnent lieu à des examens épidémiologiques de la main-d'oeuvre des mines qui confirment la présence d'un nombre croissant de certains types de cancers parmi les mineurs et établissent une possible relation entre le cancer du poumon et le travail dans les mines d'uranium et d'or.

Équipe de sauvetage dans la mine
Équipe de sauvetage dans la mine, 1873Crédit : NSARM Prints Old & Rare Collection : 1997-233 n° 8

Les fibres d'amiante, lorsqu'elles sont inhalées en quantité importante, causent l'amiantose (la maladie entame les poumons, ce qui rend difficile la respiration), le mésothéliome (un cancer rare de la membrane de la qualité abdominale ou de la poitrine) et le cancer des poumons d'après santé Canada. Les risques liés à l'amiante sont plus importants pour les travailleurs dans les secteurs d'activités qui produisent et utilisent de l'amiante comme l'extraction minière et le broyage. L'amiante chrysotile est encore extraite aujourd'hui de mines au Québec et est vendue principalement aux pays en développement comme l'Inde et la Chine. Même s'il est communément admis que l'amiante chrysotile est moins forte et moins dangereuse pour les poumons que l'amiante d'amphibole, des initiatives ont vu le jour à l'échelle mondiale en vue d'en interdire l'extraction et l'utilisation. L'ASPC a appelé à une interdiction de l'extraction, de la transformation et de l'exportation de l'amiante chrysotile.

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