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Canadian Public Health Association

Le rôle mobilisateur joué par le Canada pour agir sur les déterminants sociaux de la santé

Grosse famille défavorisée

En règle générale, la population canadienne est en très bonne santé et l'espérance de vie moyenne des Canadiens s'est accrue de plus de 30 ans depuis le début des années 1900. Les endroits où nous vivons, apprenons et jouons -- les déterminants sociaux de la santé -- peuvent avoir une incidence considérable sur notre qualité et notre durée de vie. Autrement dit, les risques de tomber malade et de mourir tôt sont largement influencés par des facteurs sociaux tels que l'éducation, les revenus, la nutrition, le logement et le voisinage. En effet, la plupart des inégalités en matière de santé sont d'origine sociale.

Cela fait longtemps que le Canada est considéré comme un chef de file international en matière d'intervention à l'égard des déterminants de la santé en général et de renforcement de la participation communautaire aux programmes de santé publique. Depuis la confédération en 1867, le Canada a fait des progrès pour militer en faveur de l'action collective, tout d'abord pour lutter contre l'insalubrité de l'eau et des réseaux d'égouts, les logements surpeuplés et insalubres, la pauvreté, la malnutrition, ainsi que les aliments et le lait impropres.

Le système universel d'écoles publiques a été institué au Canada à la fin du XIXe siècle et l'inspection des écoliers par les infirmières hygiénistes a commencé en 1907. La confiance en la santé publique a connu une augmentation dans les années 1920, à la suite d'initiatives remarquables pour protéger la santé des enfants et des mères. La Grande crise de 1929 et l'expérience de la Seconde Guerre mondiale ont entraîné la création de programmes universels tels que les allocations familiales qui ont apporté une part appréciable de sécurité à l'existence des personnes.

Le premier directeur général élu de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) fut le docteur canadien Brock Chisholm et la constitution de l'OMS, rédigée en 1946, était assortie de la définition bien connue de la santé comme « état complet de bien-être physique, mental et social ». L'une des principales fonctions de l'OMS était de promouvoir « l'amélioration de la nutrition, du logement, de l'assainissement, des loisirs, des conditions économiques ou professionnelles et d'autres aspects de l'hygiène de l'environnement » nécessaire à l'accomplissement de progrès sanitaires.

Page titre du Rapport LalondeAu milieu des années 1960, il était devenu clair dans de nombreux pays du monde que les modèles dominants de médecine et de santé publique ne parvenaient pas à combler les besoins les plus pressants des populations les plus pauvres et les plus défavorisées. Le rapport historique de 1974, Nouvelle perspective de la santé des Canadiens (communément appelé Rapport Lalonde) fut l'une des premières études à proposer l'élaboration d'un cadre de référence approfondi pour comprendre les déterminants de la santé et reconnaître que le système de soins joue un rôle limité dans l'amélioration de la santé en général. En 1986, une importance accrue fut accordée aux déterminants clés de la santé, en relation avec la publication du rapport fédéral La Santé pour tous : plan d'ensemble pour la promotion de la santé.

Chartre d'Ottawa

Affiche pour Établir une politique publique saine

Dans le courant de cette année, l'OMS, Santé Canada et l'Association canadienne de santé publique accueillirent conjointement la première Conférence internationale pour la promotion de la santé à Ottawa durant laquelle la Charte d'Ottawa pour la promotion de la santé fut adoptée. Cette charte mit en évidence les déterminants clés de la santé (« conditions préalables ») : la paix, le logement, l'éducation, la nourriture, les revenus, un écosystème stable, la viabilité des ressources, la justice sociale et l'équité. L'amélioration en matière de santé nécessite un ancrage solide dans ces conditions préalables et la promotion de la santé devrait viser à rendre ces conditions favorables.

En 1999, le gouvernement fédéral ainsi que les gouvernements provinciaux et territoriaux du Canada se sont prononcés en faveur d'une stratégie de santé de la population axée sur les causes qui, en amont, produisent des effets sur la santé. Ce modèle de santé de la population vise à agir sur les conditions et facteurs connexes qui influencent la santé des personnes au cours de leur existence.

Néanmoins, les inégalités en matière de santé à l'intérieur d'un État ou d'un pays à l'autre ont continué de s'accroître. La différence d'espérance de vie entre les pays les plus riches et les plus pauvres dépasse les 40 ans. La Commission sur les déterminants sociaux de la santé fut créée par l'OMS en 2005 pour étudier les éléments d'une action possible pour promouvoir l'équité en matière de santé et pour favoriser un élan global pour y parvenir. Le Canada collabore de manière notable cette entreprise. La Commission prévoit combler l'écart sanitaire en l'espace d'une génération.

  • Améliorer les conditions de vie quotidiennes, c'est-à-dire les circonstances dans lesquelles les individus naissent, grandissent, vivent, travaillent et vieillissent
  • Lutter contre les inégalités dans la répartition du pouvoir, de l'argent et des ressources, c'est-à-dire les facteurs structurels dont dépendent les conditions de vie quotidiennes, aux niveaux mondial, national et local
  • Mesurer l'ampleur du problème, évaluer l'efficacité de l'action, étendre la base de connaissances, se doter d'un personnel formé à l'action sur les déterminants sociaux de la santé et sensibiliser l'opinion aux questions de déterminants sociaux de la santé.

Affiche : Why treat people ... without changing what makes them sick?Au Canada, le système de soins médicaux continue aujourd'hui d'absorber la majorité des ressources du secteur de la santé, alors que moins de 3 % des dépenses connexes sont affectées aux volets de la promotion et de la prévention. En 2008, l'administrateur en chef de la santé publique présentait un compte rendu sur les déterminants de la santé en général et sur la manière dont ceux-ci contribuent aux inégalités en matière de santé. De profondes disparités persistent entre divers groupes de la société canadienne. Par exemple, l'espérance de vie des Premières nations et des Inuits est inférieure de 5 à 10 ans par rapport au reste de la population canadienne. En effet, à chaque évolution positive ou négative de la position sociale et économique correspond une progression ou une régression de l'état de santé et de l'espérance de vie.

De nombreuses conséquences des inégalités en matière de santé sont évitables. Ces conséquences coûtent cher non seulement aux individus et à leur famille, mais aussi au système de soins médicaux et à la société en général.

Page titre : Réponse de l

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