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Canadian Public Health Association

Gastown Vocational Services- Vancouver, C.-B.

Atelier

Aider les personnes ayant des problèmes de santé mentale à atteindre leurs objectifs de formation professionnelle et d'éducation

Mariella Bozzer
Mme Bozzer
Melady Preece
Dre Preece
 (MP3 : 9:10)

Déjà qu'il est difficile de trouver du travail, imaginez quand on vit au quotidien avec un handicap lié à un trouble mental...

Selon les sondages récents, 85 % des personnes ayant des handicaps mentaux sont sans emploi. Ces chiffres n'ont rien d'étonnant dans les circonstances stressantes et exigeantes qui caractérisent souvent l'environnement de travail actuel, compétitif et au rythme trépidant. Et même quand on occupe un emploi, la méconnaissance des problèmes de santé mentale dans la population et la stigmatisation permanente des personnes ayant un handicap lié à un trouble mental peuvent entraîner un isolement social au travail, qui s'ajoute au stress. Pour toutes ces raisons, les emplois stables sont difficiles à trouver et à conserver.

C'est là qu'intervient l'organisme Gastown Vocational Services (GSV). Depuis plus de 20 ans, GVS aide une clientèle de jeunes, de jeunes adultes et d'adultes vivant avec divers problèmes de santé mentale (dépression grave, trouble bipolaire, schizophrénie, trouble anxieux) à se trouver du travail ou à terminer leurs études, en leur enseignant les compétences nécessaires pour mieux réussir sur le marché du travail. GVS compte sur des bailleurs de fonds et ne facture rien à ses clients pour ses services; cela favorise l'équité en santé, car même les populations les plus pauvres et les plus vulnérables peuvent en bénéficier. C'est l'une de plusieurs initiatives menées en Colombie-Britannique pour lutter contre le chômage chez les personnes atteintes de maladies mentales.

Une approche multidimensionnelle qui traite les clients comme des personnes

L'intérêt d'un tel programme est que, entre autres, chaque personne est traitée différemment en fonction de ses habiletés, de la gravité de sa maladie, de son expérience passée et de la carrière qui l'intéresse. L'idée est de miser sur les forces de la personne et de l'accompagner sur une voie qui mène à un emploi durable. L'approche de GVS traite la réadaptation comme un processus personnalisé, axé sur le rétablissement, et non comme une « course ». La patience et l'optimisme sont essentiels.

« Il n'y a pas de solution rapide pour remettre nos clients au travail » avoue Melady Preece, psychologue clinicienne chez Gastown. « Nous essayons de leur trouver un métier durable - une orientation pour le reste de leur vie, pas seulement un emploi temporaire. »

Les relations et la confiance sont tout aussi essentielles à la méthode GVS. Contrairement à ce qui se passe ailleurs, les clients ne sont pas ballotés d'un organisme à l'autre, forcés à tisser de nouveaux liens avec le personnel d'un autre programme. Un client raconte à propos de sa conseillère à l'emploi : « Elle t'encourage et t'incite à aller plus loin que tu n'aurais pu l'imaginer. Mais elle ne fait pas le travail à ta place, et elle ne te laisse pas abandonner. »

Des approches et des techniques diverses pour trouver l'emploi qui convient

L'équipe dévouée de GVS est pluridisciplinaire : ergothérapeutes, prospecteurs d'emplois, travailleurs pairs aidants, animateurs de groupes, mentor spécialisé, psychologue, psychométricienne, adjointe au programme et coordonnateur de programme. Ils abordent la réadaptation professionnelle sous plusieurs angles.

Le programme anime des séances de groupe sur « l'employabilité » et la « prospection des carrières » pour les clients qui ont besoin de compétences antérieures à l'emploi et de se trouver des stratégies d'adaptation au travail dans un environnement qui les soutient. Les clients ont accès à des pairs aidants pour s'exercer aux compétences au travail et pour se faire épauler. On leur enseigne des habiletés fondamentales adaptées au milieu de travail : aptitude à communiquer, assurance, maîtrise de la colère et de la contrariété, code vestimentaire pour le travail, gestion d'un budget, acquisition d'expérience de travail, prise en charge de la maladie et du stress, techniques d'entrevue... Le centre offre de la formation individuelle en informatique, de la formation propre au poste de travail, des groupes de mieux-être, des programmes de réadaptation cognitive ainsi que des ateliers de recherche d'emploi. On organise des placements pour leur actualiser leur expérience pratique en milieu de travail - une étape essentielle pour ceux qui n'ont pas travaillé depuis plusieurs années ou qui n'ont jamais eu d'emploi. Enfin, GVS aide ses clients à se trouver un emploi permanent en répertoriant les employeurs intéressés.

GVS aide les travailleurs et leurs employeurs

« Tant que vous garderez confiance, GVS ne vous abandonnera pas, écrit un autre client satisfait. Vous serez étonné et ravi de tout ce qui sera accompli. »

Pour améliorer la santé mentale au travail, il faut que chacun s'ajuste. C'est pourquoi GVS ne fait pas que sensibiliser ses clients aux pratiques de travail acceptables, il conseille aussi les employeurs sur les meilleures façons d'accommoder les besoins variés de leurs employés, comme en adaptant les horaires et l'environnement de travail, les tâches de l'emploi, etc.

Le défi du financement

On estime que les maladies mentales coûtent à l'économie canadienne entre 30 et 51 milliards de dollars par année en pertes de productivité. Pourtant, le financement disponible pour les programmes comme GVS, qui peuvent renverser la vapeur et accroître la productivité, demeure limité.

« Il est de plus en plus difficile d'obtenir du financement, et je pense que ce sera notre principal défi, dit Mme Preece. Où sont les priorités? Quelle place fait-on à la réadaptation professionnelle dans les budgets de notre système de santé? »

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