Répercussions sur la santé du changement climatique et de la pollution atmosphérique1

Les prévisions scientifiques indiquent que le changement climatique pourrait avoir des répercussions directes et indirectes sur la santé et le bien-être des Canadiens et des Canadiennes.

  • Les effets directs du changement climatique sur la santé sont de deux types. Les premiers sont ceux qui découleront de l’augmentation des températures. Par exemple, l’augmentation de la morbidité et de la mortalité imputable aux insolations et à la déshydratation. Les seconds sont les blessures, les maladies et les décès causés par l’augmentation des graves intempéries comme les tornades, les inondations et les tempêtes d’hiver.
  • Le changement climatique pourrait également avoir des effets indirects graves sur la santé étant donné que les dérèglements climatiques peuvent catalyser d’autres changements qui ont des répercussions sur la santé. Citons, par exemple, la transmission de maladies infectieuses comme le paludisme, la dengue et la fièvre jaune du fait de la migration vers le nord, au Canada, des insectes vecteurs de ces maladies.
  • Un autre effet indirect potentiel du changement climatique sur la santé est l’augmentation des pathologies causées par la pollution de l’air. L’utilisation des combustibles fossiles est responsable de l’émission de deux gaz à effet de serre importants, le dioxyde de carbone et le méthane, qui toutefois ne sont pas directement responsables de la pollution de l’atmosphère. Il faut comprendre que la combustion de ces combustibles produit des dérivés responsables de la pollution atmosphérique comme le smog. Par ailleurs, l’augmentation des températures à laquelle on s’attend du fait du changement climatique ne fait qu’aggraver les effets des polluants déjà présents dans l’atmosphère.
  • Les enfants, les personnes âgées et les personnes atteintes de troubles cardio-respiratoires sont ceux qui courent les plus grands risques de souffrir des effets néfastes de la pollution atmosphérique même aux niveaux actuels. Les prévisions de vagues de chaleur à la fois plus graves et plus fréquentes du fait du changement climatique anticipé indiquent que la pollution atmosphérique risque de s’aggraver.
  • On s’attend à ce que plusieurs grandes villes canadiennes connaissent une augmentation marquée du nombre de journées très chaudes et très polluées, avec davantage de vagues de chaleur plus longues. Cette augmentation de la chaleur associée au vieillissement de la population aura probablement pour conséquence une hausse des décès imputables à la chaleur en milieu urbain.
  • Les prévisions de vagues de chaleur et d’humidité plus fréquentes et plus sévères pourraient se traduire par une augmentation des alertes à la pollution atmosphérique et au smog. L’augmentation du pollen et des spores dus à la moisissure risque d’aggraver la situation et ne manquera pas d’avoir des effets sur les personnes souffrant de maladies cardiovasculaires et de troubles respiratoires comme l’asthme, l’emphysème, la bronchite chronique et les allergies.
  • Les arbres et autres types de végétation responsables de la production des pollens allergènes croissent davantage dans les climats chauds. Combinées avec le smog et d’autres polluants atmosphériques, les pathologies occasionnées par des allergies respiratoires, notamment l’asthme, pourraient augmenter.
  • Les prévisions de fréquentes intempéries graves comme les inondations, les sécheresses, les ouragans, et les tornades doivent aussi inquiéter car elles pourraient être à l’origine d’une augmentation des décès, des blessures, des maladies infectieuses (propagées par la pollution des approvisionnements en eau potable) et des différents stress associés aux troubles sociaux et aux migrations imposées par les perturbations de l’environnement.
  • La qualité et la quantité d’eau potable pourraient diminuer du fait de l’assèchement de certaines sources d’approvisionnement dans certaines régions. Il pourrait également y avoir une augmentation des problèmes de santé en rapport avec la pollution de l’environnement et la contamination de l’eau par des bactéries, des virus, des protozoaires et des parasites.
  • De nombreuses communautés autochtones, dont le régime alimentaire dépend de la chasse, de la pêche et d’autres activités en rapport avec les ressources naturelles, pourraient souffrir de problèmes de santé occasionnés par les changements escomptés dans la quantité et la distribution du gibier, du poisson et de la flore.
  • Les effets prévisibles du changement climatique sur la santé et le besoin de disposer de diverses stratégies d’adaptation, comme une plus grande vigilance et davantage de services médicaux, des moyens de surveillance sanitaire, un système de gestion de l’environnement, un plan d’urgence en cas de catastrophe et de meilleurs moyens de contrôle de l’eau et de la pollution, pourraient faire augmenter les coûts de la santé au Canada. Recherche, planification et préparation devraient permettre de minimiser certains des effets anticipés du changement climatique.
  • Les coûts et bénéfices associés à la santé des Canadiens et des Canadiennes constituent un important élément à prendre en compte dans l’élaboration de la stratégie fédérale relative au changement climatique, et doivent faire partie intégrante des décisions prises par les gouvernements et les parties intéressées.
  • L’amélioration de la santé pourrait être l’un des bienfaits découlant des mesures prises pour atténuer le changement climatique et il existe des moyens bien concrets à la disposition des Canadiens et des Canadiennes pour réduire les émissions de gaz à effet de serre. Cela peut exiger des modifications de notre style de vie. Ainsi, laisser la voiture à la maison fait partie de la solution. En marchant ou en nous servant de notre vélo, nous réduisons les émissions de gaz à effet de serre, nous améliorons notre forme physique et nous atténuons notre stress.

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Diverses sources, notamment Santé Canada, Environnement Canada et la Fondation David Suzuki.