Qu'est-ce qui rend les gens vulnérables à l'infection à VIH ?

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De nombreux facteurs contribuent à déterminer notre état de santé, y compris notre statut social, notre niveau d’instruction, notre revenu et nos conditions de vie au quotidien. On appelle communément ces facteurs les déterminants de la santé.

Les déterminants de la santé se manifestent autour de notre vécu et de notre situation personnelle : notre enfance, le fait d’avoir ou non un réseau de soutien social et nos proches.

Notre façon de composer avec notre vécu et notre situation, et surtout leurs aspects négatifs, dépend non seulement de nos habiletés d’adaptation individuelles, mais aussi du soutien et des services sociaux à notre disposition.

Le vécu et la situation de certaines personnes peuvent les rendre vulnérables à l’infection à VIH.

L’infection à VIH : qu’est-ce qui accroît le risque ?

Selon le rapport de surveillance du VIH et du sida au Canada de l’Agence de santé publique du Canada, l’infection à VIH se propage surtout de deux façons au pays :

  1. par les relations sexuelles non protégées;
  2. par le partage d’aiguilles pour l’injection de drogues.

Certains groupes de personnes au Canada risquent davantage de contracter le VIH, car elles sont plus susceptibles d’adopter ces comportements à risque.
 

Quels sont les groupes de personnes vulnérables au VIH au Canada ?

Dans le document d’information sur l’Initiative fédérale de lutte contre le VIH/sida au Canada, on affirme que le VIH infecte les populations vulnérables, c’est-à-dire les gens qui sont exclus d’une façon ou d’une autre de la société canadienne. C’est le cas des utilisateurs de drogues injectables, qui représentent maintenant environ la moitié des 11 nouveaux cas d’infection à VIH qui surviennent au Canada chaque jour. C’est le cas aussi :

  • des femmes sous le seuil de la pauvreté;
  • des détenus;
  • des jeunes hommes homosexuels;
  • des Autochtones.

Ces groupes de personnes vulnérables doivent être soutenus par le biais de services sociaux et de santé appropriés. Les autres populations du Canada qui enregistrent une hausse des taux d’infection à VIH depuis peu sont les jeunes femmes de 15 à 29 ans et les ressortissants de pays où les cas d’infection à VIH sont nombreux et ne cessent d’augmenter.

Pour consulter les chiffres sur le VIH/sida dans la population canadienne, voir les Actualités en épidémiologie sur le VIH/sida.


Les déterminants de la santé jouent un rôle dans la vulnérabilité accrue à l’infection à VIH. Prenons par exemple le revenu et ses effets sur la santé.

L’absence d’un revenu stable peut nous rendre vulnérables

Notre vie dépend beaucoup de la stabilité de nos sources de revenu, et surtout du fait d’avoir suffisamment à manger et un toit sûr. Si nous n’avons pas une source de revenu prévisible et assez d’argent pour subsister, nous risquons d’être sous-alimentés, d’avoir un milieu de vie peu favorable, et même d’être sans abri. Ces facteurs à leur tour peuvent nous rendre plus vulnérables à l’infection à VIH et augmenter notre probabilité d’être exposés au virus en adoptant des comportements à risque.

À l’adolescence, Martin a quitté son village à la recherche d’une vie meilleure. Incapable de se trouver du travail en ville avec son instruction et ses compétences limitées, il a abouti dans la rue. Victime de discrimination parce qu’il est sans abri, il se sent de plus en plus seul...

Martin rencontre un autre jeune sans abri, qui le prend sous son aile et l’initie à l’héroïne pour lui faire oublier son sort. Mais Martin ignore que son nouvel ami est séropositif, et que s’il partage une aiguille avec lui, il pourrait lui aussi contracter le virus.

L’itinérance et le sentiment de ne pas avoir sa place exposent directement Martin à la possibilité d’utiliser des drogues injectables, et donc au risque de contracter le VIH.

Le sentiment d’impuissance peut nous rendre vulnérables

Voici un autre exemple d’une situation personnelle qui peut rendre vulnérable à l’infection à VIH. Dans une communauté culturelle où les femmes mariées ne posent pas de questions sur l’activité sexuelle de leur époux hors du mariage, une femme peut être à risque de contracter le VIH :

Véra sait que son mari fréquente des travailleuses du sexe. Elle en est malheureuse, et elle a peur qu’il lui « refile » une infection transmise sexuellement, peut-être même le VIH.

Mais Véra ne lui dit pas d’arrêter de fréquenter ces femmes, car elle a peur qu’il se mette en colère.

D’ailleurs, son père faisait la même chose, et sa mère s’en est accommodée.

Les comportements sociaux appris peuvent amener des femmes comme Véra à se sentir impuissantes dans leurs propres relations, même quand elles savent que leur partenaire leur fait courir le risque de contracter une infection à VIH. Ce sentiment d’impuissance est parfois renforcé par des menaces de violence ou d’abandon, ou encore par la réprobation de la communauté.

Les programmes communautaires qui s’adressent aux groupes multiculturels peuvent secourir des femmes comme Véra et les aider à prendre leur santé en mains en leur offrant du counseling, en les informant de leurs droits et en les aidant à trouver une maison de refuge, au besoin.

Réduire le risque

L’histoire de Martin et celle de Véra montrent que certains déterminants négatifs de la santé, comme l’insécurité financière et les inégalités entre les sexes, peuvent accroître le risque d’infection à VIH chez une personne. Mais on peut souvent atténuer ce risque par des services d’aide dans la communauté : counseling, services sociaux, logements subventionnés, aide au revenu, etc. Le défi, pour les collectivités et les décideurs œuvrant dans la santé, est de faire en sorte que ces services soient accessibles à tous.

Une autre fin à l’histoire de Martin ?

Revenons à l’histoire de Martin pour voir comment l’accès à du soutien et à des services aurait pu changer les choses dans son cas. Et si un travailleur communautaire s’était lié d’amitié avec Martin, au lieu du garçon qui l’a encouragé à utiliser des drogues injectables ? Ce travailleur aurait pu montrer à Martin où trouver une maison de refuge, comment obtenir une aide financière et comment présenter une demande de logement subventionné. Il aurait pu aussi lui suggérer des moyens de perfectionner ses compétences et de trouver un emploi.

Avec le soutien et les services appropriés, l’histoire de Martin pourrait avoir une fin heureuse. Le soutien d’un travailleur communautaire et l’accès à des services sociaux pourraient changer les choses pour Martin, et probablement empêcher qu’il ne s’injecte des drogues, et donc qu’il risque de contracter le VIH.

Et Véra ?

Il aurait été bon que Véra ait un endroit, dans sa communauté, où elle puisse parler à d’autres femmes comme elle dans un cadre amical et informel. Ce pourrait être par exemple une cuisine collective associée à un centre communautaire local, où les gens s’assemblent pour cuisiner des repas pour leurs familles, en divisant les coûts et les tâches.

Dans un tel environnement, non menaçant, une travailleuse communautaire aurait tout le loisir de sensibiliser Véra et d’autres femmes au VIH et aux moyens de s’en protéger. Après avoir mis Véra en confiance, l’animatrice pourrait travailler en tête à tête avec elle, et l’aider à trouver des stratégies pour faire part de ses craintes à son mari et pour s’affirmer.

Agir sur la vulnérabilité

Comme d’autres Canadiens, Martin et Véra ont un vécu et une situation qui les rendent plus vulnérables à l’infection à VIH. Leur histoire montre qu’il est nécessaire d’agir - dès que possible - sur les facteurs qui rendent les gens plus vulnérables. En comprenant tout ce qui rend les gens vulnérables à l’infection à VIH, nous pouvons trouver des moyens d’intervenir pour réduire les ravages du VIH au Canada.

Ce que nous pouvons faire

Nous avons tous un rôle à jouer pour réduire l’infection à VIH au Canada.

À la maison, nous pouvons :

  • en apprendre davantage sur le VIH;
  • protéger nos enfants en les éduquant par rapport aux modes de transmission du VIH et aux méthodes de prévention.

Dans notre collectivité, nous pouvons :

  • donner de notre temps aux organismes communautaires qui aident les personnes à risque ou appuyer leurs activités de collecte de fonds;
  • encourager les activités de prévention du VIH à l’école de nos enfants et dans la collectivité.

En tant que Canadiens, nous pouvons :

  • appuyer les efforts déployés aux paliers municipal, provincial et fédéral pour contrer les déterminants négatifs de la santé, comme la pauvreté et les inégalités entre les sexes, qui rendent les gens vulnérables au VIH;
  • lutter contre la stigmatisation et la discrimination liées au VIH, qui peuvent empêcher les gens d’obtenir l’information et le soutien dont ils ont besoin.

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