Le VIH/sida et les aînés : parlons-en

Françoise a été contaminée à l’âge de 67 ans. Elle commençait à refaire sa vie avec un homme, quelques années après le décès de son mari. Cette femme d’un milieu social élevé, d’habitude si rigoureuse dans sa vie, n’a pas pensé à se protéger.

Elle n’a pas cru que cela pourrait lui arriver à elle. Et pourtant...
(« Vieillir avec le VIH/sida », dossier spécial, Le Journal du sida,
n°176, juin 2005) 1

Au Canada, l’épidémie du VIH/sida est en progression dans de nouveaux segments de la population, y compris les femmes. Mais qu’en est-il des personnes de plus de 50 ans? À l’ère des baby-boomers, peut-on croire que la prochaine cible du VIH pourrait bien être les aînés?

Des aînés actifs

On croit à tort que les aînés n’ont pas de rapports sexuels. Or, selon le Dr Marc Ganem, président de l’Association mondiale de sexologie : « La banalisation du divorce, le développement de médicaments [...] pour pallier les troubles de l’érection, et la diminution des tabous sexuels sont autant de facteurs qui aident les plus âgés à s’autoriser et à vivre une vie sexuelle épanouie 2 ».

Mais cette ouverture à la sexualité n’apporte pas que des bienfaits. « Les contacts sexuels constituent le principal facteur de risque d’infection à VIH chez les Canadiens âgés », souligne le rapport Le VIH/sida chez les personnes âgées au Canada.

D’après le recensement de 2007, plus d’un million de Canadiens âgés de 50 à 69 ans sont divorcés. Ce chiffre est encore plus élevé si l’on inclut les personnes séparées, dont bon nombre sont probablement en quête d’un partenaire. Il est donc important, à ce stade de leur vie, que les aînés soient au courant des risques concernant le VIH.

Le droit à l’information

La transmission du VIH peut être évitée, mais l’est-elle chez les personnes âgées ? Malheureusement, « les professionnels de la santé ont tendance à ne pas questionner leurs patients âgés sur leur comportement sexuel et ne leur transmettent pas les informations de prévention qu’ils donnent généralement aux jeunes », constatait-on déjà en 2002 lors de la 9e Assemblée mondiale des Nations Unies sur le vieillissement. 3

Déceler les symptômes

Le VIH/sida est parfois difficile à dépister chez les aînés. Comme le souligne le chercheur Andrew Shippy de l’Aids Community Research Initiative of America (ACRIA), les symptômes du VIH/sida ressemblent souvent à ceux d’autres maladies répandues chez les personnes âgées (maladie d’Alzheimer, arthrite, diabète, cancer du sein ou de la prostate, hypertension, etc.).

Voici les symptômes les plus courants du VIH :

  • fièvre
  • sueurs nocturnes
  • perte de poids
  • gonflement des ganglions
  • douleurs musculaires
  • fatigue.

L’éducation et la prévention peuvent sauver des vies

Pour prévenir la transmission du VIH, il est important de savoir comment il se propage.

Tout d’abord, le virus ne s’attrape pas :

  • sur les sièges de toilette
  • dans les piscines publiques
  • au contact d’animaux ou de vêtements, d’ustensiles, de verres, de nourriture, de téléphones, etc.
  • par une piqûre de moustique
  • en serrant la main
  • en se trouvant près d’une personne infectée dans l’autobus, le train ou un ascenseur.

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Le VIH ne se transmet que par le sperme, les sécrétions vaginales, le lait maternel et le sang. Les principaux facteurs de risque d’infection sont les relations sexuelles non protégées et le partage de seringues et d’autres accessoires utilisés pour s’injecter des drogues.

Les femmes ménopausées sont plus à risque
Au départ, la physionomie de la femme la rend plus susceptible de contracter le VIH/sida lors de rapports sexuels.

Ainsi, après la pénétration, le sperme demeure dans le vagin tandis que les sécrétions vaginales peuvent être facilement essuyées. Le sperme contient également une plus grande concentration du VIH que les sécrétions vaginales.

D’autre part, les risques de contracter le VIH/sida augmentent chez les femmes ménopausées en raison des petites lésions causées par l’assèchement du vagin et l’amincissement de sa paroi, deux conséquences naturelles de la ménopause. Ces lésions ouvrent ainsi la porte au VIH/sida.

1. Aucun risque

  • Baisers sans échange de salive
  • Masturbation mutuelle sans utiliser les sécrétions vaginales ou le sperme comme lubrifiant
  • Frottements, massages et caresses

2. Risque très faible

  • Baisers avec échange de salive
  • Relations bucco-génitales (fellation ou cunnilingus) sans avaler le sperme ou les sécrétions vaginales

3. Risque faible

  • Relations bucco-génitales avec ingestion de sperme ou de sécrétions vaginales sanglantes (menstruelles)
  • Relations vaginales ou anales avec condom

4. Risque très élevé

Envisagez passer un test s’il y a eu :

  • Pénétration du pénis dans l’anus ou le vagin, sans condom
  • Partage d’accessoires sexuels
  • Partage de seringues, aiguilles ou autres objets qui servent à préparer la drogue
  • Naissance du bébé d’une mère séropositive non traitée
  • Réception de sang, de produits sanguins, d’organes ou de sperme entre 1979 et novembre 1985 (date avant laquelle on ne possédait pas de test de dépistage du VIH/sida).

  • Source : Clinique médicale l’Actuel

Si elle avait été au courant des risques, Françoise aurait pu éviter de contracter le VIH. Ne soyez pas la prochaine cible.


1 « Vieillir avec le VIH/sida », dossier spécial, Le Journal du sida, n°176, juin 2005.
2 Ibid
3 Ibid