Le petit quotidien - le 17 juin 2010
La sécurité, la solidarité et les systèmes sont des catalyseurs universels fondamentaux
Les trois préoccupations mondiales que sont la sécurité, la solidarité et les systèmes « peuvent amener tous les pays, petits et grands, riches et pauvres, à prêter attention et à donner priorité au caractère transnational des questions de santé », a dit le docteur Tim Evans, de l’école de santé publique James P. Grant, dans ses propos à la plénière de mercredi avant-midi.
Il a ajouté que les défis de la santé mondiale « dépassent les frontières nationales dans notre monde de plus en plus interconnecté et planétaire, précisant que les tendances et les crises actuelles « représentent d’énormes possibilités et défis qu’aucune nation ne peut ignorer ».
On sait depuis longtemps que les maladies infectieuses constituent une menace pour la sécurité nationale et économique, comme on l’a vu lors de l’éclosion du SRAS en 2003, a dit le docteur Evans. Durant et après la crise du SRAS, on s’est demandé si des pays comme le Canada étaient prêts à faire face à de tels risques. Les interrogations visaient non seulement la production de vaccins, mais aussi l’accès équitable à ceux-ci.
Le souci de l’égalité et de la solidarité est un catalyseur universel de première importance, selon le docteur Evans. Les disparités entre les pays sont de plus en plus considérées comme « évitables et injustes. » La redistribution de la richesse et la stratification sociale sont des priorités mondiales. « Il est clair que les systèmes de santé ne gravitent pas nécessairement autour de l’équité », a jouté le docteur Evans, se faisant l’écho de la Commission sur les déterminants de la santé de l’OMS. « L’injustice sociale tue à grande échelle. »
L’ampleur des systèmes de santé mondiaux est l’un des défis de premier ordre.
« C’est une industrie de cinq à six billions de dollars qui croît plus vite que le PIB de la plupart des pays et qui est financée principalement par les gens qui paient de leur poche aux points de service, appauvrissant une centaine de millions de personnes par année, a dit le docteur Evans. C’est une industrie qui exige d’énormes ressources. » L’ampleur même des systèmes peut compromettre la qualité des soins et amener à négliger le savoir entourant les pratiques efficaces.
Compte tenu de la complexité de la santé mondiale, il faut promouvoir la recherche en ce domaine, a ajouté le docteur Evans. Tout comme la connaissance des déterminants de la santé s’est élargie, la recherche doit être étendue de manière à inclure « l’éventail complet des déterminants mesurables de la santé ».
Selon le docteur Evans, il faut apprendre aux travailleurs de la santé à réagir efficacement devant la complexité de la santé mondiale. Il a ajouté qu’un bon point de départ serait d’offrir une formation à mi-carrière et de transformer le paradigme de l’éducation de manière à englober des méthodes souples.
Brock Chisholm : Un Canadien controversé devient le premier directeur de l’OMSLe docteur Brock Chisholm, médecin, militaire, administrateur et internationaliste, est le Canadien presque inconnu qui est devenu le premier directeur général de l’Organisation mondiale de la Santé en 1948. Selon John Farley, historien de la médecine et auteur de Brock Chisholm, the World Health Organization and the Cold War, le docteur Chisholm a dirigé l’OMS à une époque où la priorité des nations en matière de santé était de se protéger contre les maladies venant d’ailleurs. « Il a vu plus loin. Il a exigé que l’OMS soit administrée par des fonctionnaires ayant une vision mondiale. » Plutôt que de mener « des campagnes contre une seule maladie où vous intervenez, contrôlez la maladie et guérissez tout le monde, … [le docteur Chisholm] … croyait que les questions de pauvreté et d’infrastructure médicale étaient aussi importantes que le combat des maladies », mentionne M Farley. Cela l’a opposé aux décideurs de la guerre froide qui considéraient les campagnes nationales de lutte contre la maladie comme un moyen de gagner le cœur et l’esprit des habitants du monde entier. |
Les populations carcérales sont particulièrement vulnérables
Tous les problèmes de santé (et pas seulement celui des maladies infectieuses) auxquels font face les populations carcérales doivent préoccuper les milieux de la santé publique, ont conclu les participants à une réunion-débat, mardi.
Les populations carcérales sont particulièrement vulnérables et les déterminants « tiennent très à cœur aux experts de la santé publique », a déclaré la docteure Jane Buxton, du B.C. Centre for Disease Control, qui a fait un exposé sur la visite de prisons par des étudiants en médecine pendant leur stage. Pour bon nombre d’entre eux, il s’agissait d’un premier contact avec une population vulnérable et d’une occasion de réexaminer des opinions stigmatisantes.
Le docteur Robert Strang, du ministère de la Promotion et de la Protection de la santé de la Nouvelle-Écosse, a parlé des mesures prises par sa province pour amener le régime des services de santé à prendre en charge les soins de santé dans les prisons. Une enquête menée auprès des détenus entrant dans les pénitenciers a révélé un fait sidérant : le tiers d’entre eux avaient tenté de se suicider à un moment ou l’autre de leur vie.
« La santé mentale constitue un volet essentiel du régime des soins de santé en milieu correctionnel », a déclaré le docteur Strang. « Les Néo-Écossais et Néo-Écossaises ont tous droit aux mêmes soins de santé, qu’ils soient ou non dans un établissement correctionnel. »
De nombreux détenus soignés par des psychiatres légistes sont obèses, notamment à cause de médicaments antipsychotiques de deuxième génération, a affirmé la docteure Sue Pollock, de l’Agence de la santé publique du Canada (ASPC), qui a décrit une étude traitant des habitudes de vie de cette population et visant à enrayer cet effet.
Un participant qui s’est présenté comme étant un médecin rattaché à un organisme de santé autochtone a souligné le nombre disproportionné de détenus autochtones dans les prisons canadiennes. Pour répondre à sa question sur le dépistage de l’alcoolisme fœtal dans les prisons, un autre participant a dit que le Service correctionnel du Canada mène actuellement des recherches en ce domaine.
Des groupes de prévention des blessures conjuguent leurs efforts
Le rapport d’une étude collaborative novatrice sur la prévention des blessures a été rendu public mardi après-midi, à la conférence de l’ACSP.
Les dirigeants de quatre grands organismes nationaux du domaine de la prévention des blessures – Communautés sécuritaires Canada, Pensez d’abord Canada, Sauve-qui-pense et SécuriJeunes Canada – ont conjugué leurs efforts pour mener cette étude sur la réduction de la fréquence des blessures et des décès évitables au pays. Les auteurs du rapport, intitulé One Voice, Safer Canada, exhortent les intervenants en prévention des blessures à se concerter, à promouvoir cette cause et à accroître les retombées des actions entreprises par les quatre organismes participants.
Chaque jour, 35 Canadiens décèdent, 580 sont hospitalisés et 14 deviennent handicapés par suite de blessures. Outre les souffrances pour les victimes et pour leurs familles, le fardeau économique des blessures atteint près de 20 milliards de dollars par année. Le Canada vient au dix-huitième rang, sur les 23 membres de l’Organisation de Coopération et de Développement Économiques (OCDE), au chapitre des décès d’enfants et de jeunes causés par des blessures.
Paul Kells, de Communautés sécuritaires Canada, a perdu un fils dans un accident du travail en 1994. « Ce dix-huitième rang est honteux. Le statu quo est inacceptable. » À son avis, les Canadiens ne se préoccupent pas des blessures tant qu’un être cher n’en a pas été victime. Il reste donc beaucoup à faire pour sensibiliser davantage le grand public. « Il est temps de joindre le geste à la parole. »
Les participants à la conférence ont accueilli avec enthousiasme les résultats de cette nouvelle étude. Un médecin conseil en santé publique a fait observer que l’établissement d’un organisme national chargé de traiter les questions relatives aux blessures à l’échelle provinciale faciliterait la tâche aux municipalités. Compte tenu de toute l’activité dans le domaine de la prévention des blessures, l’établissement d’un groupe de coordination jouant un rôle de transmission du savoir pourrait grandement appuyer les efforts des groupes d’intervention, a ajouté un autre participant.
Selon un participant, l’incertitude en matière de responsabilités pourrait faire obstacle à la participation de certains groupes. Un autre participant a fait l’éloge du plan organisationnel, mettant toutefois en garde contre les conflits et chevauchements possibles.
Rebecca Nesdale-Tucker, de Pensez d’abord Canada, lui a répondu : « Nous n’adoptons pas une attitude de confrontation. Nous voulons faire avancer tout ce mouvement. Cela prendra du temps ».
Les quatre organismes prévoient établir la nouvelle structure d’ici un an. Des entités déjà en place et des personnalités œuvrant en ce domaine ont déjà exprimé leur intérêt à s’associer à une nouvelle organisation nationale.
Mobiliser les jeunes afin d’améliorer la santé mentale
Poser des questions pertinentes, s’associer aux jeunes et utiliser l’école à titre de point d’accès naturel peuvent faire toute la différence pour les jeunes aux prises avec des problèmes de santé mentale, ont affirmé des conférenciers lors d’une séance de travail tenue mardi.
Le projet The New Mentality (TNM), dirigé à la fois par des jeunes et par des adultes, a pour objectif d’effacer le stigmate de la maladie mentale et trace une nouvelle voie vers un changement d’attitude au sein du système de santé mentale. Ce projet pilote repose sur un modèle de partenariat entre les jeunes et les adultes et vise à aider les personnes vulnérables à se faire entendre. Il mise sur la participation des jeunes à titre de leaders, d’animateurs ou de membres de groupes d’entraide.
« C’est plus qu’un travail concerté entre des jeunes et des adultes, a précisé Marie-Josée Cléroux, conférencière d’expérience pour le projet TNM. Nous préférons la collaboration à l’autorité. »
Dès 1993, un sondage téléphonique effectué auprès des jeunes par l’Association des psychiatres du Canada a révélé que 19 % des enquêtés avaient déjà eu des pensées suicidaires et que 5 % avaient essayé de passer à l’acte, a précisé le docteur Ian Manion, du Centre provincial d’excellence en santé mentale des enfants et des jeunes, rattaché au Centre hospitalier pour enfants de l’Est de l’Ontario. Le stigmate et la gêne qui entourent la maladie mentale ont empêché beaucoup d’adolescents de demander de l’aide, et ce, même s’ils songeaient au suicide. Le programme Réseau Ado d’Ottawa a permis de constater que 45 % des jeunes hommes ayant eu des pensées suicidaires n’en avaient jamais parlé auparavant.
Il peut être utile à cet égard de poser des questions et de créer un milieu sécuritaire. Selon le docteur Manion, « quatre-vingt-seize pour cent des éducateurs sondés étaient très ou extrêmement préoccupés par la santé mentale des élèves de leur conseil scolaire ».
Bien qu’elles ne soient pas tenues de combler tous les besoins des étudiants, les écoles se doivent d’intervenir à l’égard des problèmes qui nuisent directement à l’apprentissage, d’expliquer le docteur Manion, car elles sont toutes désignées pour déceler les problèmes de santé mentale chez les jeunes.
« La Commission de la santé mentale du Canada a décidé de faire une priorité de la santé mentale à l’école », a ajouté le docteur Manion. Cela obligera à former des partenariats avec les enseignantes et les enseignants, sans nécessairement alourdir davantage leur charge de travail.
De petits systèmes d’approvisionnement en eau, mais des problèmes complexes!
En vertu du projet de loi S‑11 déposé récemment devant le Parlement, les systèmes d’approvisionnement en eau des collectivités des Premières nations devront satisfaire aux normes provinciales de base. Cependant, cette mesure n’aborde pas la question fondamentale du financement qui sera nécessaire pour garantir le respect des normes, ont déclaré des participants à une séance tenue mardi après-midi.
À l’heure actuelle, les systèmes d’approvisionnement en eau des Premières nations ne sont assujettis à aucune réglementation gouvernementale; une vérification de ces systèmes a été entreprise à l’échelle du pays, mais on n’attend pas le rapport final avant au moins un an.
Pendant la séance organisée par les Centres de collaboration nationale en santé publique (CNNSP), les participants ont abordé un certain nombre de questions concernant les petits systèmes d’approvisionnement en eau potable (PSAP). La représentante des CNNSP, Mona Shum, a déclaré que le projet des PSAP était compliqué, surtout en raison de la multitude d’organismes de réglementation intervenant dans le dossier et des nombreuses politiques s’y rapportant.
Les participants ont convenu qu’il fallait établir clairement si les problèmes relatifs aux PSAP sont bel et bien réels, car à moins d’être convaincus de l’existence d’un risque concret, les décideurs ne se sentiront pas obligés d’agir.
Quand on leur a demandé des moyens permettant aux CNNSP d’aider à améliorer la surveillance des PSAP, les participants ont proposé qu’on fournisse plus d’outils de communication sur les risques, qu’on envisage de recourir aux infirmiers et infirmières hygiénistes pour diffuser des renseignements sur les maladies hydriques et que l’on publie un bulletin semblable à la revue Consumer Reports en anglais sur les nécessaires d’analyse de la salubrité de l’eau des petits systèmes d’approvisionnement qu’on trouve généralement dans les petites localités et les collectivités éloignées.
En matière de santé autochtone, le contexte de vie en dit longpar Madeleine Dion Stout Le Canada ne peut s’attaquer aux questions relatives à la santé publique des Premières nations, des Inuits et des Métis sans prendre en compte notre contexte social, politique et économique. En administration publique, le mot « politique » désigne « l’action ou l’absence d’action face à un ensemble de problèmes connexes ». Dans cet ordre d’idées, les cultures et les nations que la plupart des Canadiens et des Canadiennes appellent « peuples autochtones » se sont heurtées à une absence d’action. Voilà le contexte de vie qui permet de comprendre les conditions sanitaires dominantes au sein des collectivités autochtones. Les statistiques sur la santé des Premières nations, des Inuits et des Métis sont révélatrices, surtout dans le cas des collectivités septentrionales et éloignées au sein desquelles les disparités et l’inégalité sont les plus marquées. Dans les collectivités autochtones de toutes les parties du Canada, les taux de mortalité infantile sont 20 fois plus élevés que dans l’ensemble de la population, le diabète de type 2 est trois fois plus fréquent, et les taux de suicide sont de cinq à onze fois plus élevés. Chez les hommes adultes, la capacité de gagner un revenu est environ deux fois moindre que la moyenne canadienne; même si le Canada occupe un rang élevé dans l’Indice de développement humain des Nations Unies, les peuples autochtones se classent moins bien. Il ne faut donc pas se surprendre qu’un des plus importants progrès accomplis en matière de santé publique au cours des 100 dernières années ait été la décision, prise par les Premières nations, les Inuits et les Métis, de contester les disparités et l’inégalité dont ils font l’objet à cet égard et les pratiques d’exclusion plus larges qui remontent à l’ Acte de l’Amérique du Nord britannique de 1867. Fait nouveau prometteur, de plus en plus de Canadiennes et de Canadiens commencent maintenant à se percevoir comme étant les signataires de traités à nos côtés; cette perception constitue en effet un premier pas vers la réconciliation. Ces dernières années, nous avons assisté à une tendance grandissante à comprendre, du point de vue des Autochtones, les questions et les tendances relatives à la santé publique dans leurs collectivités. Pendant longtemps, les Canadiens ont romancé les cultures autochtones et les points de vue mondiaux, et cela a servi à conserver aux Premières nations, aux Inuits et aux Métis une certaine visibilité face à la culture environnante. Cependant, le passage à une compréhension plus authentique des cultures et des traditions autochtones crée une assise essentielle de pratiques efficaces en matière de santé publique dans nos collectivités. En leur qualité de Canadiens, les Autochtones ont profité dans une certaine mesure des politiques adoptées à l’intention de l’ensemble de la population, mais presque sans exception, les politiques et les programmes qui devaient remédier aux scandaleuses conditions sanitaires et socioéconomiques dans nos propres collectivités ou bien ne sont jamais parvenus au stade de la mise en œuvre (le rapport de la Commission royale sur les peuples autochtones, par exemple), ou bien ont été annulés avant l’heure (telle la Fondation autochtone de guérison). Au cours des dernières années, le pire revers que nous ayons essuyé a été l’annulation de l’Accord de Kelowna, entente officielle entre les administrations fédérales, provinciales et autochtones qui prévoyait le versement de fonds importants pour les services et les installations de santé et la réforme des politiques à l’égard de ceux-ci. L’Accord portait sur l’adoption de mesures immédiates visant à réduire de 20 % en cinq ans et de 50 % en une décennie l’ampleur de problèmes difficiles et tenaces tels que la mortalité infantile, le suicide chez les jeunes, l’obésité chez les enfants et l’incidence du diabète. Les objectifs étaient audacieux, mais on a depuis mis l’Accord de côté, les fonds promis n’ont jamais été versés et, en fin de compte, les résultats n’ont que perpétué une histoire de dépossession et d’appauvrissement typique du colonialisme. La toute dernière dimension de cette histoire prend la forme d’une tendance à la privatisation des services essentiels tels que les réseaux ruraux d’alimentation en eau. Cette tendance mine gravement les traditions et la cohésion des collectivités autochtones, inuites et métisses. L’économie traditionnelle du don est bien représentée dans les cérémonies du potlatch et de la danse du soleil, dont la préservation a souvent obligé nos peuples à lutter. L’expansion de la privatisation menace maintenant de miner et de bafouer cette tradition aussi bien que notre santé. Dans ce contexte, il importe plus que jamais que toutes les cultures du Canada profitent de chaque occasion pour favoriser la réconciliation. Les collectivités autochtones ont tendu la main au-delà des frontières culturelles. À mesure que les Canadiens et les Canadiennes nous tendront la main à leur tour et nous aideront à mettre fin au cycle des souffrances sociales, de l’iniquité en matière de santé et de la violence structurale, nous prendrons peu à peu la place qui nous revient de droit dans la société canadienne. Madeleine Dion Stout, M.A., I.A., est professeure honoraire à l’École des sciences infirmières de l’Université de la Colombie-Britannique et elle a reçu en 2010 le Prix national d’excellence décerné aux Autochtones (Santé). |
Les chercheurs en santé : les politiques exigent des données solides
L’orientation efficace des politiques publiques est fonction de la solidité des données de recherche, selon les conférenciers de la séance tenue mercredi avant-midi sur la santé au cours de la vie.
« Que faut-il faire pour s’assurer de répondre aux besoins des décideurs?, a demandé le docteur Clyde Hertzman, du Human Early Learning Partnership de l’Université de la Colombie-Britannique. Le véritable défi est d’arriver à comprendre comment restreindre les champs d’étude pour ne pas perdre notre crédibilité. »
La « pollution par les indicateurs » risque d’accabler les chercheurs et les décideurs : il y a simplement trop de choses importantes à mesurer, ce qui peut désorienter la recherche et paralyser les politiques. Le docteur Hertzman a suggéré que les chercheurs sur la jeune enfance se concentrent sur la plate-forme des dix-huit mois, l’indicateur du développement des jeunes enfants et l’indicateur du développement durant la période intermédiaire de l’enfance.
La docteure Susan Kirkland, des Départements de santé communautaire et d’épidémiologie et médecine de l’Université Dalhousie, a dit que son approche est « tout à fait affaire de complexité ». Dans sa recherche sur le vieillissement, elle tient compte de facteurs comme le fonctionnement physique et psychosocial, l’état fonctionnel, le bien-être et la qualité de vie.
La recherche sur la santé doit définir les facteurs contextuels, a dit la docteure Kirkland. « Il est important de réfléchir continuellement à la façon dont nous mesurons ces choses, c.-à-d. les ressources sociales et émotionnelles au lieu des simples capacités physiques. » L’insuffisance des sources de données est l’un des défis de la recherche sur le vieillissement et certaines de ces sources ne tiennent pas compte des populations confrontées à des inégalités, comme les personnes vivant dans des centres de soins infirmiers ou dans des réserves et les sans-abri.
Selon Hope Beanlands, du Centre national de collaboration des déterminants de la santé, « il faut s’attaquer à la répartition inéquitable du pouvoir, de l’argent et des ressources à l’échelle locale, nationale et mondiale ».
Élargir les perspectives et éliminer les stéréotypes pour améliorer la santé des Autochtones
Voici une merveilleuse occasion de promouvoir les communications intercommunautaires et les Autochtones sont impatients de se faire entendre, selon les participants à un panel tenu mercredi avant-midi.
« Nous devons penser à reconnaître l’expertise des collectivités autochtones et ne pas rater les occasions qui se présentent », a dit la docteure Janet Smylie, médecin et chercheuse de l’Université de Toronto. Elle a souligné que les membres des collectivités autochtones ont recueilli des données probantes et complexes.
Katherine Minich, de l’Organisation nationale de la santé autochtone, a dit qu’il existe une relation entre tous les êtres humains et le savoir, ce qui est fondamental pour les 45 000 Inuits du Canada.
« Nous devons remettre en question nos rôles et nos responsabilités afin d’élargir la santé environnementale, a ajouté Mme Minich. La planète est un déterminant de la santé. »
L’élimination des stéréotypes est un moyen de remettre en question le statu quo. La docteure Charlotte Reading, chercheuse à l’Université de Victoria, a dit que la moitié des femmes séropositives au Canada sont des Autochtones; cela est lié à l’usage de drogues injectables et à la prostitution. Mais au lieu de stéréotyper cette population, il est plus utile de comprendre les conditions historiques, économiques et sociales qui les amènent à adopter de tels comportements risqués.
« En tant que chercheuse, je m’efforce de recueillir les vues des collectivités et de les communiquer au Centre de collaboration nationale de la santé autochtone (CCNSA), qui les transmet aux bailleurs de fonds et aux décideurs », a dit la docteure Reading.
Margo Greenwood, conférencière et dirigeante du CCNSA, a dit que le mouvement vers la recherche axée sur la collectivité, en plus des réseaux d’entraide établis à la conférence, ont été très utiles pour promouvoir le savoir des Autochtones.
Le petit quotidien est le bulletin officiel de la Conférence du centenaire de l’Association canadienne de santé publique, qui se tiendra du 13 au 16 juin 2010, à Toronto. Les opinions qui y sont exprimées sont celles des personnes et des organisations cités.
Rédactrice en chef : Judy Redpath, ACSP
Articles et production : The Conference Publishers, www.theconferencepublishers.com
