Les programmes en milieu scolaire : ce qui fonctionne et ce qui ne fonctionne pas
« Mes idées sont déjà mises en pratique, mais quand on met les enfants à la porte de l’école, ¸a ne les dérange pas toujours car ils n’aiment peut-être pas l’école, et peut-être que les parents n’y font rien »
[TRADUCTION]
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élève de 6e année
Introduction
Les principales études d’évaluation de programmes en milieu scolaire sont examinées dans le document Safe School Study Research Report de l’ACSP.1 Les lecteurs que les éléments, les méthodes, la conception et les résultats de ces programmes intéressent sont invités à consulter ce document. Nous avons regroupé les interventions en deux catégories, selon qu’elles sont axées sur les changements à l’école/en classe/en milieu scolaire ou sur les changements individuels.
Les stratégies axées sur les changements à l’école, en classe ou en milieu scolaire
Ce qui fonctionne
- Un leadership ferme de la part de l’enseignant(e)/des adultes, la formation de liens affectifs élèves-enseignant(e)
- Les normes de comportement claires, cohérentes et équitables
- Les interventions cognitivo-comportementales (sachant tenir compte du sexe et de la culture)2
- La formation complémentaire des enseignants et des administrateurs (les enseignants étant beaucoup plus susceptibles d’intervenir dans les cas d’intimidation physique que dans les cas d’intimidation verbale ou sociale)
- La surveillance et la conception efficaces des terrains de jeux
- Les interventions axées sur la justice réparatrice qui mettent l’accent sur la sécurité des victimes et sont menées par des animateurs-formateurs qualifiés3
- La formation des parents4
- Implique plusieurs intervenants
- Implique les jeunes dans l’élaboration et la mise en œuvre de programmes
- Est axé sur plusieurs facteurs de risque et de protection
- Implique l’utilisation de matériel approprié selon l’âge, etc.
- Se concentre sur l’intervention à court et à long terme
- Implique une approche appropriée selon le sexe, l’ethnie, etc.
Ce qui ne fonctionne pas
- Les politiques rigides de tolérance zéro qui ne tiennent compte ni de l’intensité, ni de la durée, ni du contexte (les élèves ayant des besoins particuliers et les élèves des minorités en sont démesurément exclus)5
- L’exclusion temporaire ou le renvoi des élèves sans plan de réintégration à l’école ni structure de jour (appui et counseling scolaires). Les exclusions temporaires à l’école sont la meilleure façon d’assurer la participation de l’élève aux programmes scolaires et thérapeutiques. Elles exigent cependant des ressources supplémentaires à l’école.
- La ségrégation des élèves qui présentent des difficultés affectives ou comportementales6
- L’exclusion d’élèves qui veulent participer à des activités sportives, artistiques ou de loisirs
Les stratégies axées sur les changements individuels
Ce qui fonctionne
- L’approche cognitivo-comportementale (voir section 3 - Les bases de l’élaboration de normes)
- L’inclusion des élèves dans des activités hors de la classe pour accroître leur sentiment d’appartenance et leurs compétences
- Les stratégies d’intervention par les pairs étroitement supervisées (entraide et médiation par les pairs). Les filles sont beaucoup plus susceptibles d’y participer et d’intervenir en faveur des victimes. Les garçons sont peu susceptibles de participer à de telles stratégies sans avoir été recrutés et en l’absence de soutien7.
Ce qui ne fonctionne pas
- Le counseling non structuré (individuel ou en groupe)
- Le regroupement d’un trop grand nombre d’élèves agressifs (qui peut accroître les comportements antisociaux)8
- Les activités sportives, artistiques ou de loisirs non structurées
- Les cours d’échec à l’intimidation offerts en salle de classe sans un volet cognitivo-comportemental
| 1. | Totten, Quigley et Morgan, 2004 |
| 2. | Voir : Stratégies d’enseignement |
| 3. | Totten, Caputo et Kelly, 2003. |
| 4. | Kazdin, 1997. |
| 5. | Totten et Quigley, 2002 ; Kingery, 2000 ; Shannon et McCall, 2000. |
| 6. | Lee et Smith, 1993 ; Frempong et Willms, 2002 ; Willms, 2000. |
| 7. | Cowie et Olafsson, 2000. |
| 8. | Dishion, McCord et Poulin, 1999 ; Poulin et al., 2001 ; Welsh, 2000. |

