Introduction

Le mot « culture » désigne un schéma intégré de comportements humains (pensées, styles de communication, actions, coutumes, convictions, valeurs, institutions) au sein d’un groupe racial, ethnique ou religieux. En parlant de « racisme », nous entendons les mauvais traitements systématiques et institutionnalisés infligés à un groupe par un autre en raison de la couleur de sa peau ou de son appartenance ethnique. Le racisme est un abus de pouvoir. Au Canada, beaucoup de minorités ethno-raciales et de membres des Premières nations affrontent des obstacles systématiques sur le marché du travail, à l’école, au logement et dans d’autres aspects de leur participation à la vie communautaire. On en voit des signes dans leur surreprésentation parmi les locataires de logements sociaux, les pauvres, les travailleurs occupant des emplois peu rémunérés, les chômeurs et les personnes souffrant de problèmes de santé physique et mentale. Au Canada, les jeunes des groupes minoritaires et des Premières nations n’ont pas accès aux mêmes ressources que la plupart des jeunes blancs.1 Certains sont particulièrement exposés à l’intimidation, au harcèlement et à la discrimination.
 

Éléments des programmes culturellement compétents

Pour qu’un programme scolaire soit culturellement compétent, le personnel doit avoir la capacité de répondre aux besoins particuliers des élèves et des parents dont la culture diffère de la culture dominante au Canada. Voici les éléments essentiels d’un programme culturellement compétent : l’évaluation périodique des besoins ; le recrutement et le maintien en poste d’un effectif de diverses origines ; la formation ; les stratégies ciblées (équipes, prises de position et normes adaptées) l’interprétation culturelle et la traduction pour les familles néocanadiennes ; les partenariats stratégiques avec des groupes communautaires locaux ; la représentation exacte des minorités raciales et des membres des Premières nations dans les matières au programme l’application égale des politiques et procédures de l’école en matière d’intimidation, de harcèlement et de discrimination à tous les élèves ; et l’apprentissage du patrimoine culturel, des antécédents et des différences individuelles dans les activités parascolaires.2
 

Promotion de l’harmonie

Il est essentiel que les adultes de l’école aient une idée claire du racisme. En prétendant qu’il n’y en a pas, en passant les tensions raciales sous silence ou en ne faisant pas objection aux stéréotypes, on approuve tacitement le statu quo. Les enseignants qui ont des élèves de plusieurs ethnies et de plusieurs races sont dans une position idéale pour aborder le racisme et promouvoir l’harmonie entre les différents groupes d’élèves. Ils doivent favoriser la sécurité des élèves des minorités ethno-raciales en s’assurant :
 

  • que ces élèves ne soient pas pris pour cibles par leurs autres pairs
  • que ces élèves ne soient pas isolés ou mis à part durant les activités de groupe
  • que ces élèves ne soient pas perçus comme des « experts » sur leur race ou leur appartenance ethnique
  • qu’il ne se développe pas une dichotomie (« eux contre nous ») dans la classe
  • que les formes subtiles de racisme (les blagues, le fait de tenir pour acquis que les immigrants sont tous les mêmes) soient éradiquées immédiatement
  • que l’on fasse des efforts particuliers pour inclure les parents dans les activités de la classe
     

Ressources

Entre autres ressources utiles, on peut consulter le site de la Fondation canadienne des relations raciales (www.crr.ca) et les ouvrages 40 Ways to Raise a Non-racist Child de Barbara Mathias et Mary Ann French (1996) et Beyond Heroes and Holidays: A Practical Guide to K-12 Anti-Racist, Multicultural Education and Staff Development de Enid Lee, Deborah Menkart et Margo Okazawa-Rey (1998).
 


1.  Statistique Canada (2003) ; Tjepkema, 2002.
2.  Fondation canadienne des relations raciales, 2000.