À propos du projet
Le projet Le pot au volant vise à sensibiliser les jeunes Canadiennes et Canadiens de 14 à 18 ans aux risques de la conduite sous l’effet du cannabis. Ces jeunes sont parmi les plus grands consommateurs de cannabis au monde, et beaucoup d’entre eux considèrent le pot comme une drogue bénigne et de consommation courante, sans aucune conséquence significative.
Élaboration du message sur le pot au volant
Au début de 2005, l’Association canadienne de santé publique (ACSP) a entrepris une vaste analyse de tous les aspects de la question du cannabis : l’âge, l’alcool, l’auditoire, le risque de collision, les conducteurs désignés, le sexe, la réduction des méfaits, l’affaiblissement des facultés, l’application de la loi, les drogues licites, les messages, les passagers, les pairs, l’image positive du cannabis, l’interdiction, les écarts régionaux, le lieu de consommation, le tabac, les transports et les jeux vidéo. Nous avons étayé cette recherche en menant plus de 30 entretiens avec des informateurs clés : des spécialistes de la sécurité routière et de l’éducation en matière de drogues, des guides d’opinion sur le cannabis, des éducateurs et éducatrices, des jeunes.
En avril 2005, nous avons organisé trois groupes de discussion préliminaires avec de jeunes Canadiens et Canadiennes. Deux ont eu lieu à Toronto : le premier avec des étudiants de niveau collégial, et le deuxième, avec des élèves du secondaire. Le troisième groupe de discussion s’est tenu au Centre d’amitié autochtone ODAWA, à Ottawa, avec des élèves du secondaire et des étudiants de niveau collégial. Tous ces groupes étaient équilibrés de manière à inclure des garçons et des filles, consommant (ou non) du pot à diverses fréquences.
De ces groupes de discussion préliminaires, nous avons appris que :
- Les jeunes ne croient pas que le cannabis a des effets dangereux sur leurs aptitudes au volant.
- Leur niveau de tolérance (selon la fréquence à laquelle ils consomment) et leur expérience de conduite ont une certaine influence sur leur confiance au volant.
- Le groupe du collégial était moins susceptible de conduire sous l’emprise du cannabis que le groupe du secondaire, et il avait plus tendance à se préoccuper du stade léthargique.
- Ceux qui avaient subi un accident tout de suite après avoir consommé du cannabis écartaient la possibilité que le cannabis en soit la cause -- qu’ils attribuaient plutôt à une conduite dangereuse.
- Les jeunes ont l’impression que le cannabis n’affecte pas leurs aptitudes au volant, et qu’il est facile de masquer l’affaiblissement de leurs facultés.
- L’alcool au volant est jugé beaucoup plus risqué que la conduite sous l’emprise du cannabis, tant du point de vue de la probabilité d’accident que de la vraisemblance d’être incriminé par la police.
- Le non-exercice des pouvoirs de police et l’absence de moyens efficaces de mesurer l’affaiblissement des facultés par le cannabis poussent les jeunes à douter de la validité des arguments contre le pot au volant.
- Les énoncés qui faisaient ressortir les effets du cannabis ressentis par l’ensemble des répondants -- la lenteur des réactions, la réduction du champ d’attention -- étaient vus comme des portraits exacts de l’affaiblissement des facultés, et donc comme étant authentiques.
- Au fil de la discussion, les répondants ont reconnu éprouver une certaine crainte à l’idée de conduire « gelé» dans des zones de circulation intense et de rencontrer des chauffards sur la route.
Nous savions que l’obstacle à surmonter serait la conviction que le cannabis ne nuit pas à la capacité de conduire, et que conduire gelé ne présente aucun risque particulier. Nous devions aussi garder à l’esprit que beaucoup de jeunes savent très bien lesquelles de leurs facultés sont affaiblies par le cannabis. Pour être réalistes, nous avons décidé de chercher à susciter la réaction suivante : « Ouais, ils ont peut-être raison. Je n’ai aucun problème à conduire quand je suis gelé. Mais on ne sait jamais ce que l’autre personne va faire, et mes réactions sont probablement plus lentes. Je devrais peut-être trouver un autre moyen de rentrer à la maison cette fois-ci, ou laisser le volant à quelqu’un d’autre. »
Mise à l’essai du message
La firme Arnold Worldwide Canada a mis au point quatre concepts de campagnes, qu’elle a testés auprès de six groupes de discussion dans cinq localités de quatre régions du pays en juin 2005. Quatre groupes ont été organisés en anglais (deux à Victoria, en Colombie-Britannique, et deux dans les environs de Winnipeg, au Manitoba) et deux groupes en français (les deux à Montréal). Trois des groupes de discussion étaient des groupes cibles et trois autres, des groupes complémentaires (composés de grands consommateurs, de jeunes hommes autochtones et de francophones de diverses origines ethniques).
Chaque concept comprenait un projet d’annonce télévisée, présentée sous forme de « plan figé » ou d’arrêt sur l’image, un message, un logo (différent pour chacune des quatre campagnes), et une ou deux affiches. Les annonces proposées étaient accompagnées d’un bref scénario qui a été lu aux participants après qu’on a enregistré leurs premières réactions aux images figées.
La campagne la plus efficace s’intitulait « Pas de bon sens »; elle était centrée sur l’image de deux pilotes en train de fumer du pot dans un poste de pilotage avec le message : « Si ça n’a pas de bon sens ici, pourquoi faire la même chose quand tu conduis? » Aucune autre campagne n’a suscité des commentaires aussi approfondis et réfléchis avant même le dévoilement du scénario et du message. C’est aussi la seule campagne qui encourageait les participants à parler des responsabilités des conducteurs envers la sécurité de leurs passagers. Dans tous les groupes, les participantes et les participants ont formulé un certain nombre de commentaires montrant clairement que les conséquences d’un écrasement d’avion -- une tragédie d’une ampleur beaucoup plus grande qu’un accident de la route -- sont si catastrophiques que c’est un moyen efficace d’amener l’auditoire à songer sérieusement à la question du cannabis au volant.
Élaboration des documents de la campagne
Les pilotes fumant du pot sont donc devenus l’image de la campagne, et nous avons élaboré 10 questions d’après les commentaires des jeunes participantes et participants aux groupes de discussion. Les autres documents de la campagne ont ensuite été conçus pour appuyer l’image et les questions.
Nos commanditaires
L’Association canadienne de santé publique (ACSP) est une association bénévole nationale, indépendante et sans but lucratif, représentant la santé publique au Canada, qui entretient des liens étroits avec la communauté de santé publique internationale.
La campagne Le pot au volant a bénéficié de l’aide financière de la Stratégie canadienne antidrogue de Santé Canada. Le Fonds des initiatives communautaires de la Stratégie antidrogue vise à s’attaquer à la consommation abusive d’alcool ou de drogues par deux grands moyens : 1) la promotion et la prévention et 2) la réduction des méfaits.
Membres du Groupe consultatif :
Members:
Cynthia Callard est directrice générale de Médecins pour un Canada sans fumée, un organisme de santé national créé en 1995 en vue de réduire le tabagisme et l’exposition à la fumée secondaire (www.smoke-free.ca). Mme Callard joue un rôle déterminant dans le cadre d’initiatives de réduction du tabagisme depuis le milieu des années 1980, où elle a collaboré en tant que chercheure au projet de loi novateur sur la lutte contre le tabagisme au Canada.
Catherine Carry est analyste des politiques au Centre Ajunnginiq (inuit) de l’Organisation nationale de la santé autochtone (ONSA) à Ottawa, où elle s’occupe d’un vaste éventail de dossiers de santé publique. L’ONSA a pour objectif d’influencer et de faire progresser la santé et le bien-être des peuples autochtones à l’aide de stratégies fondées sur le savoir (www.naho.ca). Avant de se joindre à l’ONSA, Mme Carry a coordonné, élaboré et géré des projets de promotion de la santé, des ressources multimédias et des initiatives de renforcement des capacités pour la Pauktuutit Inuit Women’s Association.
Walter Cavalieri est directeur fondateur du réseau The Canadian Harm Reduction Network et président du Toronto Harm Reduction Task Force. Depuis le milieu des années 1980, il étudie, applique et préconise la réduction des méfaits en tant qu’outil de coopération thérapeutique avec les personnes qui ont un problème de toxicomanie. M. Cavalieri est vice-président du Community Programs Advisory Council de la Faculté de médecine de l’Université de Toronto et cherche activement à intégrer une perspective communautaire dans l’enseignement et la formation des futurs médecins. Il travaille comme conseiller scolaire au Centre for Student Development and Counselling de l’Université Ryerson.
Laura Goossen travaille depuis 20 ans dans le domaine des toxicomanies, principalement pour la Fondation manitobaine de lutte contre les dépendances, où son travail est très axé sur le counselling, la prévention et la sensibilisation auprès des jeunes. Directrice des programmes de la région de Winnipeg, elle supervise tous les programmes pour les jeunes et les adultes liés à l’alcool, aux drogues et aux jeux de hasard. Auparavant, elle a été directrice des ressources générales de la Fondation, où elle était chargée du programme de prévention communautaire, des services de bibliothèque et de la promotion de tous les programmes de l’organisme.
Don Hewson est président-directeur général de Hewson, Bridges & Smith, un cabinet d’experts-conseils en marketing et en communications. Créé en 1976, ce cabinet offre une gamme complète de services allant de la recherche sur le positionnement de marché et des stratégies de marque aux programmes d’image de marque et aux techniques de communications commerciales les plus efficaces, dans tous les médias.
Nishad Khanna travaille pour le Magazine ‘tit géant et son organisation sœur, la Commission des étudiants, un organisme caritatif diversifié et ouvert sur le monde, géré par et pour les jeunes de tout le Canada. La Commission des étudiants se consacre à créer et à promouvoir des occasions pour les jeunes d’apprendre et de grandir dans un climat positif et sûr. Elle met au point des programmes novateurs, efficaces et éducatifs à leur intention depuis 1991. Son grand atout est son pouvoir d’attraction et de mobilisation de divers groupes de jeunes, pour qui elle organise et facilite, avec l’appui d’alliés adultes, des actions collectives sur les questions qui les touchent. Organisme directeur du Centre d’excellence pour la participation des jeunes, la Commission croit qu’en mobilisant les jeunes de façon efficace et concrète, elle favorise leur résilience, ce qui en retour renforce l’esprit communautaire et civique.
Dr Robert Mann est le scientifique principal du Service de la recherche sociale, préventive et en politiques de la santé du Centre de toxicomanie et de santé mentale (CAMH) de Toronto (www.camh.net). Principal hôpital d’enseignement canadien sur la toxicomanie et la santé mentale, le CAMH transforme la vie des personnes atteintes de toxicomanie et de maladies mentales en intégrant les dernières découvertes scientifiques dans une démarche globale axée sur les soins cliniques prodigués avec compassion, la promotion de la santé, l’éducation et la recherche. M. Mann est aussi professeur agrégé au Département des sciences de la santé publique de la Faculté de médecine de l’Université de Toronto.
Douglas McCall est directeur général de l’Association canadienne pour l’éducation à la santé (CASH) de Vancouver. La CASH est une association nationale formée de 12 coalitions provinciales et territoriales dont les membres militent en faveur de la santé des enfants et des adolescents en faisant la promotion de la santé en milieu scolaire. L’approche de la CASH consiste à aider les organismes communautaires, les parents, le corps enseignant, les professionnels de la santé, les jeunes et d’autres intervenants à unir leurs efforts en faisant de l’école un milieu stratégique au sein de la collectivité.
Andrew Murie est directeur général de MADD Canada (Les mères contre l’alcool au volant) depuis 1997. MADD Canada, un organisme de base populaire sans but lucratif, entend mettre fin à la conduite avec facultés affaiblies et venir en aide aux victimes de ce crime violent (www.madd.ca). L’organisme est animé par ses bénévoles : des mères, des pères, des amis, des spécialistes de la lutte contre la conduite avec facultés affaiblies et des citoyens soucieux de changer les choses.
Mike Niebudek est un policier vétéran de la Gendarmerie royale du Canada, où il a travaillé pendant 23 ans. Il est membre du conseil d’administration de l’Association canadienne de la police professionnelle (ACPP) et de son Comité de la réforme judiciaire. L’ACPP est le porte-parole national de 54 000 membres du personnel policier d’un bout à l’autre du Canada. Elle s’intéresse à la réforme de la justice, à la sécurité des policiers et policières et à la protection du public. Ses membres comprennent le personnel de 225 corps policiers municipaux et provinciaux travaillant dans les plus petits villages aussi bien que dans les grandes agglomérations urbaines du Canada, ainsi que des membres de la GRC, de la Police des chemins de fer et du personnel policier des Premières nations.
Dre Christiane Poulin est professeure et titulaire d’une chaire de recherche du Canada en santé de la population et en toxicomanie à l’Université Dalhousie de Halifax. On lui doit les Enquêtes normalisées sur la consommation de drogues par les élèves dans les provinces de l’Atlantique, et elle est l’experte principale d’un programme de recherche financé par l’Initiative sur la santé de la population canadienne portant sur les déterminants individuels et communautaires de la consommation de drogues et de la santé mentale dans la population étudiante adolescente. Elle est aussi l’experte principale d’une étude de quatre ans sur la réduction des méfaits dus à la drogue en milieu scolaire (An Integrated School- and Community-Based Demonstration Intervention Addressing Drug Use Among Adolescents). Mme Poulin était médecin de famille avant d’entreprendre des études d’épidémiologie et de médecine communautaire.
Membre d’office
Barbara Kennedy est gestionnaire du Bureau de la réduction de la demande de Santé Canada.
