Santé familiale et génésique (Malawi)

Membre du comité de santé du village de Chakwawa, district de Mchinji, participant à une pièce de théâtre qui traite de l’importance de la maternité sans risques. Cette personne a été formée dans le cadre du projet.
Les indicateurs démographiques et sanitaires du Malawi sont parmi les pires au monde. Le taux de mortalité infantile y est de 104 pour 1 000 naissances vivantes, et le taux de mortalité parmi les enfants de moins de cinq ans, de 188 pour 1 000 naissances vivantes. Le taux de mortalité maternelle est désespérément élevé, puisqu’il est estimé à 1 000 pour 100 000 naissances vivantes.
Plus de la moitié des femmes ont un déjà enfant lorsqu’elles atteignent leur 20e anniversaire, et bon nombre de ces grossesses ne sont ni planifiées, ni voulues. Environ le tiers des décès maternels sont dus à des avortements effectués dans des conditions dangereuses chez des adolescentes.
Le projet de santé familiale et génésique au Malawi (2000-2006) se terminait en 2006. Il visait à accroître le recours aux services de santé génésique, de planification familiale et de maternité sans risque, et à parfaire la qualité de ces services en améliorant les rapports entre la collectivité et les prestataires de soins de santé dans trois districts du pays. Il contribuait aux stratégies et aux objectifs nationaux en matière de santé génésique, tout en étudiant l’utilisation de méthodes novatrices pour renforcer la capacité, la participation et l’action communautaires en ce qui concerne ce secteur de la santé.
L’Association canadienne de santé publique a bénéficié d’une aide financière de l’Agence canadienne de développement international pour le projet de santé familiale et génésique au Malawi. En partenariat avec le Fonds des Nations Unies pour la population (UNFPA), ce projet a été mis en œuvre dans trois districts par le Service de santé génésique du ministère de la Santé et des populations, avec l’appui des équipes de gestion sanitaire des districts et en collaboration avec des organisations non gouvernementales. Le projet s’est appuyé sur les activités et les réalisations d’un premier volet mené de 1996 à 1999.
Le projet a appuyé les activités de base suivantes :
- approvisionnement des cliniques locales en médicaments de première nécessité, en fournitures et en matériel;
- rénovation des établissements de santé communautaires délabrés;
- renforcement des systèmes de gestion pour le transport, les communications, les médicaments et les fournitures;
- perfectionnement de la formation clinique des prestateurs de soins de santé pour qu’ils puissent offrir des services améliorés en matière de maternité sans risque, de planification familiale et de traitement des maladies transmissibles sexuellement;
- formation des prestateurs de soins de santé pour qu’ils puissent offrir des services de santé sexuelle et génésique aux jeunes avec délicatesse et sans porter de jugement;
- amélioration des aptitudes du personnel soignant à communiquer et à établir des relations avec la collectivité, et promotion du respect des droits des patients;
- rétablissement des structures communautaires qui assurent la direction des centres de soins de santé (comme les comités consultatifs de ces centres) et qui y font participer la collectivité;
- renforcement de la capacité dans les collectivités, notamment les structures communautaires comme les comités sanitaires villageois et les clubs de jeunes, pour recenser et surmonter les obtacles à la santé génésique.
Le projet a également favorisé les valeurs d’égalité et de partage des responsabilités entre les sexes en ce qui concerne la santé familiale et génésique.
Grâce au projet, les centres de soins de santé sont mieux équipés, et leur gestion des médicaments et des fournitures s’est améliorée. Les comités communautaires font une promotion très active des messages visant à surmonter les obstacles socioculturels à la santé génésique, et les centres de soins de santé enregistrent une demande accrue pour leurs services, surtout chez les jeunes.
