Cours sur la détection précoce et l’intervention à l'intention des professionnels de la santé au Canada

La Division de l’immunisation et des infections respiratoires de l’Agence de santé publique du Canada (ASPC) a conclu un accord de financement avec l’Association canadienne de santé publique (ACSP) pour que celle-ci élabore, publicise et offre un cours agréé aux médecins du Canada travaillant aux premières lignes et dans le domaine de la santé publique. Le cours vise à accroître les capacités du Canada en matière de dépistage, de déclaration et de confinement des maladies infectieuses émergentes et réémergentes d’importance pour la santé publique. Il sera élaboré selon un processus de consultation et de concertation, en fonction des exigences nationales en matière de surveillance et de laboratoires, ainsi que des exigences internationales de surveillance découlant de la nouvelle version des Règlements sanitaires internationaux (RSI 2005) de l’Organisation mondiale de la santé, qui entrera en vigueur le 15 juin 2007.

Pour relier fonctionnellement et efficacement les soins primaires aux services de laboratoire spécialisés et au grand réseau de la santé publique du Canada, le cours devra être autorisé par les organismes d’agrément de la formation médicale des médecins de santé publique et de premier recours du Canada. L’ACSP travaillera de concert avec plusieurs niveaux de pouvoirs afin de respecter les exigences du Collège des médecins de famille du Canada, du Collège royal des médecins et chirurgiens du Canada, des services de santé provinciaux et territoriaux, du Réseau de laboratoires de santé publique canadien et de l’Agence de santé publique du Canada.

L’Association recevra l’aide et le soutien d’un conseil consultatif composé de représentants des organismes suivants :

  • le Collège des médecins de famille du Canada
  • le Collège royal des médecins et chirurgiens du Canada
  • le Réseau de laboratoires de santé publique canadien
  • le Conseil des médecins-hygiénistes en chef du Canada
  • l’Association médicale canadienne
  • l’Agence de santé publique du Canada
  • tout autre organisme pertinent.

L’ACSP doit élaborer des versions en ligne et sur papier du cours agréé, dans les deux langues officielles, ainsi qu’un programme de formation des maîtres adapté au contexte des provinces et des territoires. La version en ligne sera évaluée d’après les commentaires des médecins de premier recours et des médecins de santé publique qui auront suivi le cours et à la faveur d’un processus d’examen par les pairs. Le programme d’études pourra être périodiquement mis à jour et amélioré en y intégrant d’autres modules ou en y ajoutant des enseignements sur d’autres infections émergentes. Il comportera au moins deux modules, l’un sur le dépistage précoce et la déclaration des maladies infectieuses émergentes, et l’autre sur le dépistage et la déclaration de la grippe aviaire et de la pandémie d’influenza. L’élaboration d’outils de déclaration de base à l’échelle nationale est déjà très avancée grâce aux travaux du Comité canadien sur la pandémie d’influenza, et ces outils seront inclus dans le programme d’études.

 

Contexte et hypothèses de travail

L’expérience du SRAS en 2003 a montré que les laboratoires canadiens ont du mal à coordonner le dépistage des maladies infectieuses et les mesures d’intervention en cas d’éclosion et à établir des liens avec les données épidémiologiques. Entre autres recommandations formulées après la crise du SRAS, on a réclamé que le Canada crée un système de surveillance active et concertée par les laboratoires afin de prévoir, de détecter et de contrer les menaces de maladies infectieuses. Le système proposé pour le Canada est fondé sur une meilleure intégration des laboratoires de première ligne dans le réseau de la santé publique. Avec la publication du Plan canadien de lutte contre la pandémie d’influenza en 2004, on a également reconnu l’importance des effectifs sanitaires de première ligne et des autorités de santé publique locales dans le dépistage de l’influenza à l’échelle communautaire. On a reconnu aussi que la plupart des médecins auront besoin d’encadrement pour déceler une pandémie d’influenza, ainsi que de protocoles de déclaration et de soins à donner aux patients dans une telle éventualité. Enfin, les leçons de la crise du SRAS et l’analyse de la menace de pandémie d’influenza ont confirmé le besoin pour les médecins et les milieux de la santé d’être informés des responsabilités de la santé publique d’après les Règlements sanitaires internationaux.